En vue de veiller au respect des priorités nationales et garantir l’impact réel des financements, en sa session du 24 septembre 2026, le conseil des ministres a décidé que toute Organisation non gouvernementale (ONG) intervenant au Burkina devra consacrer au moins 80 % de son budget global aux investissements directs. Quelles pourraient être les justificatifs de cette décision du gouvernement ? Quelles pourraient être les implications dans la mise en œuvre des activités des ONG ?
La décision du gouvernement ne relève pas d’un simple ajustement administratif mais d’un choix visant à remettre l’efficacité et la redevabilité au cœur des activités de ces organisations. Près de 40,1 % de la population burkinabè vit encore sous le seuil de pauvreté, avec un accès limité aux services sociaux de base. Depuis 2015, le pays fait face à une crise sécuritaire qui impacte socialement et économiquement les populations. Dans ce contexte, les ONG ne sont pas de simples observateurs, mais des partenaires de mise en œuvre des politiques publiques, ayant déjà investi plus de 1 200 milliards de FCFA ces 10 dernières années dans l’éducation, la santé, l’eau, l’agriculture et l’emploi selon le ministère de l’économie et des finances. Rien qu’en 2024, elles ont mobilisé 71,26 milliards de FCFA de ressources propres et 300,45 milliards de ressources externes, dont une subvention étatique de 3,67 milliards de FCFA, tout en bénéficiant de plus de 1,7 milliard de FCFA d’exonérations fiscales et douanières.
Ces chiffres considérables imposent une exigence que chaque franc mobilisé au nom des populations vulnérables serve réellement à améliorer leur quotidien, et non à alimenter des charges de fonctionnement des ONG. C’est précisément l’esprit de la mesure gouvernementale. En plafonnant les dépenses de fonctionnement à 20 % du budget, l’État ne cherche pas à entraver l’action des ONG, mais à en garantir l’efficacité et la lisibilité.
Suivre les orientations du Gouvernement n’est donc pas une contrainte imposée aux ONG, mais une opportunité de recentrer leurs activités sur l’essentiel. Il faut réduire dans la mesure du possible le budget de fonctionnement des ONG afin de consacrer plus de ressources aux investissements. Pour cela, elles doivent revoir leurs plans d’activités en mettant plus l’accent sur les éléments contributifs à la délivrance de résultats tangibles sur le terrain au profit des vaillantes populations telles que la réalisation des écoles, forages, l’aménagement de bas-fonds, la construction de centres de santé, etc.
Les ONG et le Gouvernement partagent, en définitive, le même objectif : améliorer durablement les conditions de vie des populations burkinabè les plus vulnérables. En s’alignant sur cette nouvelle exigence de résultats des autorités, les ONG ne perdent rien de leur vocation mais elles la retrouvent. Il en va de la crédibilité du secteur associatif, mais surtout du bien-être de millions de Burkinabè qui attendent, chaque jour, des actes plus que des discours.
La Rédaction/Ouaganews

