Le directeur de la sécurité publique, le commissaire divisionnaire de police Sibiri Nebilè Amidou Yoin, a présenté, le lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou, le bilan de l’opération « Bouclier tête durcie », menée du 1er au 31 octobre, pour renforcer le port du casque et réduire les conséquences des accidents de la circulation.
Le port du casque semble progressivement entrer dans les habitudes des usagers de la route au Burkina Faso. Après un mois de contrôles et de sanctions, 89,36 % des usagers se conforment désormais à cette mesure au niveau national. Dans les grandes villes, notamment Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le taux atteint près de 98 %. C’est l’un des principaux constats présentés par le directeur de la sécurité publique lors du point de presse consacré à l’opération « Bouclier tête durcie ».
Ces résultats interviennent après plusieurs mois de sensibilisation sur l’importance du casque pour les conducteurs d’engins à deux et trois roues. Face à la persistance des accidents et à la gravité de leurs conséquences, les autorités ont décidé de passer à la répression.
En 2025, le Burkina Faso a enregistré 19 973 accidents de la circulation, qui ont fait 15 169 blessés et 1 002 décès. Selon les données présentées par le commissaire divisionnaire, 85 % des victimes souffraient de traumatismes crâniens. Près de 80 % étaient des motocyclistes et 98 % de ces derniers ne portaient pas de casque.

Du 1er au 31 octobre 2026, les équipes de contrôle ont vérifié 42 448 usagers. Parmi eux, 30 424 ont été verbalisés sur place après présentation d’un casque. En revanche, 10 027 engins ont été mis en fourrière pour non-présentation du casque et non-paiement de la contravention sur place. Par ailleurs, 705 engins ont été saisis pour d’autres infractions au Code de la route. Les amendes forfaitaires ont permis de recouvrer 99 371 000 F CFA au profit du Trésor public.
Au-delà des sanctions, la baisse du nombre d’usagers interpellés pour défaut de casque constitue un autre signe encourageant. De 14 165 lors de la première semaine, le nombre est passé à 12 094 la deuxième semaine, puis à 6 058 la troisième, 5 613 la quatrième et 4 518 la cinquième. La moyenne journalière des interpellations a ainsi diminué de 86,33 % entre la première et la cinquième semaine.
Pour les responsables de la Police nationale, ces chiffres traduisent une évolution des comportements. L’objectif, a rappelé Sibiri Nebilè Amidou Yoin, « n’est ni de punir les citoyens ni de renflouer les caisses de l’État, mais de préserver des vies humaines. »
Les contrôles devraient se poursuivre et s’intensifier, de jour comme de nuit, avec le passage annoncé à l’opération « Bouclier double tête durcie ». Les autorités invitent les derniers récalcitrants à respecter la mesure. Pour elles, le casque doit devenir un réflexe de protection plutôt qu’une simple obligation réglementaire.
Ahoua KIENDREBEOGO/ OuagaNews.net

