OUAGANEWS
A la UneEconomie & Développement

Ouagadougou face à l’urgence hydraulique : un vaste programme pour sauver ses barrages historiques

Menacés par l’ensablement et une urbanisation galopante, les barrages 1, 2, 3 et de Boulmiougou, piliers de l’approvisionnement en eau de Ouagadougou, font l’objet d’un ambitieux programme de réhabilitation. Au-delà des travaux techniques, les autorités misent aussi sur un accompagnement social des populations impactées.

À Ouagadougou, les barrages construits dans les années 1960, ainsi que celui de Boulmiougou réalisé en 1974, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Longtemps considérés comme des réserves stratégiques pour l’alimentation en eau de la capitale, ces infrastructures font aujourd’hui face à une dégradation avancée qui menace leur rôle vital.

Initialement capables de stocker près de 15 millions de mètres cubes d’eau, ces barrages subissent désormais une pression humaine intense. L’exploitation agricole anarchique dans les cuvettes, les dépôts incontrôlés de déchets et l’accumulation progressive de sédiments ont considérablement réduit leur capacité de rétention. Résultat : une baisse alarmante des réserves en eau, une détérioration notable de sa qualité et un risque accru d’inondations dans les quartiers riverains lors des épisodes de fortes pluies.

Face à cette situation préoccupante, le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources Animales et Halieutiques a décidé de passer à l’action. Un programme ambitieux est en cours de déploiement, combinant des travaux hydrauliques d’envergure dont le curage des barrages et la restauration des capacités de stockage à une approche sociale plus inclusive.

Car l’enjeu ne se limite pas à la réhabilitation technique. Des centaines d’exploitants tirent aujourd’hui leurs moyens de subsistance des activités développées dans les zones concernées. Conscient de cet impact, le ministère prévoit, dès 2025, un important volet social axé sur le relogement et la modernisation des pratiques agricoles. L’objectif est donc d’offrir des alternatives durables aux populations affectées, tout en mettant fin aux usages qui fragilisent ces écosystèmes.

Ce projet met en avant une dynamique ambitieuse autour de la gestion de l’eau et du développement agricole à Ouagadougou. La ferme agricole de Tanghin, déjà opérationnelle sur 1 hectare avec un investissement de plus de 22 millions FCFA, s’appuie sur des infrastructures modernes tels que le forage profond à bon débit, système de pompage hybride, énergie solaire autonome et château d’eau. En parallèle, une expansion importante est en préparation avec l’identification de nouveaux sites couvrant au moins 50 hectares, accompagnée de futurs forages à gros débit et d’aménagements structurants pour assurer une installation durable.

Sur le plan technique, l’objectif majeur à l’horizon 2026 est d’augmenter significativement la capacité des barrages de Ouagadougou grâce au curage des sédiments, sous la conduite d’expertises nationales. Ce programme vise des impacts qui pourront conduire à une meilleure disponibilité et qualité de l’eau, réduction des risques d’inondation, amélioration de la vie aquatique et accès sécurisé à l’eau potable. L’Agence de l’Eau du Nakambé joue ici un rôle central en coordonnant les actions et en assurant une gestion concertée des ressources hydriques dans plusieurs régions du pays.

Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

 

 

 

Articles similaires

Burkina/Médias : le Fonds d’appui à la presse privée (FAPP) remet les chèques aux bénéficiaires

Ouaganews

10e anniversaire de l’ARCI-BF : Les retraités de l’information et de la communication mettent leur expérience au service des jeunes

Ouaganews

Ouagadougou/Marché Rood-Woko : plus de 5 tonnes de produits pharmaceutiques prohibés saisies

Ouaganews

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.