Le ministre en charge de l’eau, Ismaël Sombié, a procédé au lancement officiel des curages des barrages ce vendredi 1er mai au barrage de Tanghin, à Ouagadougou. Cette initiative entre dans le cadre de la restauration de la capacité hydraulique et écologique des barrages de la capitale.
Les barrages n°1, 2, 3 de Ouagadougou ainsi que celui de Boulmiougou, construits depuis les années des indépendances, ont connu avec le temps un important ensablement. Pour faire face à cette situation, cette opération de gestion des eaux vise à retirer les sédiments (boues, sable) accumulés afin de restaurer leur capacité de stockage.
L’approche du curage des barrages de la ville se veut également préventive. Le volume d’ensablement du barrage de Tanghin est estimé à environ un million de mètres cubes.
Selon le ministre d’État, Ismaël Sombié, cette situation est en grande partie liée à l’action humaine. « Cette décision de curage de ces barrages est faite pour deux raisons : prévenir les inondations éventuelles et pallier le déficit en eau potable estimé à 57 mille mètres cubes d’eau par jour », a-t-il expliqué. Il a également souligné que, malgré les dispositions prises à moyen terme, les barrages n°1, 2, 3 et celui de Boulmiougou doivent contribuer davantage à l’approvisionnement en eau potable de la ville.

Pour le directeur général de l’AEN, Boukaré Sabo, l’enjeu de ces curages va au-delà de la prévention des inondations. La restauration des cuvettes permettra de renforcer la desserte en eau, d’améliorer durablement la qualité de la ressource et de revitaliser la vie aquatique. « Nous visons une augmentation significative de la production halieutique pour contribuer à notre souveraineté alimentaire », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, les années d’inaction face à l’ensablement ont favorisé l’installation progressive de maraîchers sur les abords des barrages. Avec le curage et les mesures envisagées pour éviter la répétition du phénomène, ces populations seront affectées.
Des dispositions ont été prises en collaboration avec la délégation spéciale pour mobiliser 100 hectares sur la bande verte. L’objectif est de permettre aux personnes installées dans le lit des barrages de poursuivre leurs activités agricoles, avec des forages prévus pour assurer une production tout au long de l’année.
En guise d’accompagnement social, 25 tonnes de vivres, 45 tonnes d’engrais ainsi que des équipements d’irrigation seront distribués aux personnes impactées afin de faciliter leur réinstallation.
Ahoua KKIENDREBEOGO/OuagaNews.net

