
Le ministère en charge de la Santé a animé une conférence de presse ce lundi 24 août 2026, à Ouagadougou portant sur les orientations de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT) et de la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA), prévues du 31 août au 5 septembre 2026 à Manga. Animée par le Dr Esaïe Kindo, chef du service de la médecine traditionnelle du ministère de la Santé, la rencontre vise à renforcer la place de la médecine traditionnelle dans le système de santé, tout en mettant l’accent sur la recherche, la qualité et la sécurité des patients.
Depuis des générations, la médecine traditionnelle accompagne les populations. Fondée sur des savoirs transmis au fil du temps et sur l’utilisation de ressources naturelles, occupe ainsi une place importante dans les habitudes de soins au Burkina Faso. Mais entre savoirs ancestraux et exigences modernes de santé publique, le secteur doit aujourd’hui relever un défi pour encadrer et sécuriser davantage ses pratiques.
C’est dans cette dynamique que le ministère en charge de la Santé prépare la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle (JAMT) et la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA), prévues du 31 août au 5 septembre 2026 à Manga.
Pour la 24e JAMT, le thème retenu est : « Réflexion sur les efforts de recherche et de développement en matière de médecine traditionnelle pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle dans la Région africaine ».
Pour le Dr Kindo, il faut désormais dépasser la seule reconnaissance de cette médecine. « Nous devons produire des connaissances, documenter les pratiques et disposer de preuves sur leur qualité, leur sécurité et leur efficacité », a-t-il expliqué.
La 14e SNMTA sera, elle, placée sous le thème : « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire ».
Et selon le conférencier, elle doit être accompagnée de précautions. « L’introduction d’un médicament traditionnel amélioré dans les directives nationales ne peut pas être automatique. Elle doit reposer sur des données scientifiques, une évaluation rigoureuse, des normes de qualité et une pharmacovigilance efficace », a-t-il insisté.
En effet, pour cette édition, l’encadrement des pratiques demeure une priorité. La valorisation de la médecine traditionnelle ne doit pas être confondue avec une absence de contrôle. « La reconnaissance de nos savoirs doit aller de pair avec une réglementation appliquée et une lutte contre les pratiques dangereuses, les fausses allégations thérapeutiques et la publicité irrégulière», a rappelé le Dr Kindo.
Le ministère souhaite également renforcer le dialogue entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle. L’objectif n’est pas de mélanger les rôles, mais de créer des mécanismes de collaboration, de référence et de recours, toujours dans l’intérêt du patient.
Plusieurs activités sont prévues durant la manifestation. Elles comprennent, une exposition de produits issus de la médecine traditionnelle et alternative, des consultations et soins, ainsi que des conférences et ateliers de renforcement des capacités. Une formation destinée aux infirmiers chefs de poste et aux pharmaciens de la région du Nazinon portera également sur la conduite de l’enquête relative à l’évidence ethnomédicale.
À cela s’ajoutent une plantation d’arbres, un cross populaire suivi d’une séance d’aérobic, une nuit de la médecine traditionnelle et alternative, une opération de don de sang et une clinique mobile de dépistage des cancers de la femme.
La cérémonie commémorative de la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle est prévue le samedi 5 septembre 2026. Pour le Dr Esaïe Kindo, la souveraineté sanitaire ne pourra être atteinte sans un investissement plus important dans la recherche. « Nous devons passer de l’intention à la preuve. Cela suppose de mieux documenter les connaissances, d’améliorer la qualité des matières premières, de normaliser les procédés et d’évaluer les produits lorsque cela sont nécessaires», a-t-il déclaré.
Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

