Selon la Direction générale des douanes (DGD), l’État burkinabè a renoncé à percevoir 26,9 milliards de FCFA d’impôts entre janvier et juin 2026. On parle alors de « dépenses fiscales ». Mais pourquoi un État choisit-il volontairement de ne pas encaisser de l’argent qui lui est dû ? OuagaNews vous explique, en mots simples, ce que sont ces avantages fiscaux et pourquoi ils concernent chaque citoyen.
Une dépense fiscale, c’est quoi au juste ?
Quand on parle de dépenses de l’État, on imagine d’abord les salaires des fonctionnaires, la construction d’écoles, d’hôpitaux ou de routes, ou encore les factures d’eau et d’électricité des bâtiments publics. Mais il existe une autre façon, plus discrète, pour l’État de « dépenser » de l’argent, c’est en renonçant à des impôts en ne les encaissant pas en totalité ou en partie. C’est ce qu’on appelle une dépense fiscale.
Concrètement, l’Etat accepte volontairement de ne pas prélever tout ou une partie d’un impôt qu’il aurait normalement le droit de réclamer. La différence avec une dépense classique, c’est qu’il n’y a pas d’argent qui sort des caisses de l’État : il s’agit plutôt d’argent qui n’y entre jamais.
Pourquoi l’État renonce-t-il à cet argent ?
Ce n’est pas un cadeau fait au hasard. L’État poursuit des buts précis : attirer des entreprises et des investisseurs dans le pays, aider des entreprises en difficulté à survivre, encourager la création d’emplois, soutenir des secteurs jugés importants pour le développement, ou encore rendre certains produits de première nécessité moins chers pour améliorer le quotidien des populations.
Sous quelles formes ces avantages fiscaux se présentent-ils ?
Il existe six façons pour l’État d’accorder un avantage fiscal. La première est l’exonération ou on est simplement dispensé de payer un impôt qu’on devrait normalement payer. La deuxième est le crédit d’impôt dans lequel l’Etat reconnaît devoir de l’argent au contribuable, qui peut s’en servir pour réduire un futur impôt ou se le faire rembourser. La troisième est la réduction d’impôt à savoir le montant final de l’impôt à payer est diminué. La quatrième est le taux réduit qui est un pourcentage d’imposition plus bas que le taux habituel. La cinquième est la déduction qui est une somme est retirée du revenu avant de calculer l’impôt, ce qui fait baisser le montant de l’impôt. Enfin, la cinquième est l’abattement pour laquelle une partie de la valeur sur laquelle l’impôt est calculé est retirée avant le calcul.
Dépenses fiscales : des objectifs utiles mais un manque à gagner réel
La décision pour un Etat d’accorder des avantages fiscaux répondent à des objectifs légitimes. Mais elles représentent aussi beaucoup d’argent en moins pour le budget de l’État, dans un pays comme le Burkina Faso confronté à d’importants défis économiques, sociaux et sécuritaires. Chaque avantage fiscal accordé, c’est potentiellement moins de moyens pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, ou pour équiper les forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme. Contrairement à une dépense publique classique, bien visible sur les comptes de l’État, la dépense fiscale passe plus facilement inaperçu d’où l’importance de sa transparence : celle de savoir précisément combien l’Etat choisit de ne pas percevoir et pourquoi ?
Wandaogo Moussa/OuagaNews

