Fabriquer des aliments pour le bétail, la volaille ou les poissons va bientôt coûter moins cher au « Pays des hommes intègres ». En effet, le 23 septembre 2026, l’Assemblée législative de transition (ALT) a voté la loi de finance rectificative qui supprime plusieurs taxes sur les aliments pour animaux et les produits laitiers fabriqués localement. L’objectif est de rendre ces produits plus accessibles et donner un coup de pouce à la production nationale.
2 taxes en moins pour les fabricants d’aliments pour animaux
Concrètement, quand une entreprise achète ou importe les ingrédients de base pour fabriquer des aliments pour animaux, elle n’aura plus à payer 2 taxes : la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les droits de douane (DD). La TVA est un impôt que les producteurs paient d’abord, avant qu’il ne soit répercuté sur le prix payé par le consommateur. Les DD sont perçus quand la marchandise entre dans le pays depuis l’étranger, ce qui renchérit son coût final. Les deux exonérations réunies devraient donc faire baisser le prix des aliments pour animaux. Les fabricants de produits laitiers bénéficient eux aussi d’un allègement, mais uniquement sur la TVA.
Des filières encore très dépendantes des importations
Pourquoi cibler ce secteur ? Parce que fabriquer des aliments pour animaux, volaille et poissons nécessite d’importer des matières premières spécifiques, dont la quasi-totalité vient de l’étranger. Ces matières représentent le principal poste de dépenses des unités de production : entre 60 et 70 % de leurs coûts d’exploitation. Du côté du lait, la filière locale n’en est encore qu’à ses débuts. Elle crée des emplois et de la valeur ajoutée, mais elle doit faire face à une concurrence de plus en plus forte des produits laitiers importés.
Des prix plus bas pour une production plus forte
En allégeant ces taxes, l’État espère réduire les coûts de production des usines burkinabè et les rendre plus compétitives, tout en facilitant l’accès des éleveurs aux aliments pour bétail. Ces mesures doivent aussi encourager le développement de l’élevage intensif et, à terme, permettre de remplacer progressivement les importations de viande et de poisson par une production locale plus performante.
Un cadre pour éviter les abus
Ces exonérations représentent un manque à gagner pour les caisses de l’État, en TVA comme en droits de douane. Mais le gouvernement mise sur des effets positifs pour compenser progressivement cette perte : plus d’emplois créés, une base fiscale intérieure élargie et des réserves de devises préservées.
Les modalités pratiques de ces exonérations seront fixées par un arrêté du ministre chargé des Finances en vue d’encadrer strictement le dispositif pour que seuls les fabricants agréés en profitent, et éviter tout détournement.
Wandaogo Moussa/Ouaganews

