L’expulsion de ressortissants burkinabè des zones aurifères de Siguiri continue de susciter des réactions au-delà des frontières guinéennes. Alors que des milliers de personnes expulsées ont trouvé refuge au Mali, le gouvernement burkinabè a dépêché une mission sur place pour évaluer leur situation. À l’issue de cette démarche, le ministre burkinabè de la sécurité a dénoncé des conditions d’expulsion qu’il juge particulièrement préoccupantes.
‘’Nous sommes là, à la suite de la situation au niveau de la frontière Mali-Guinée, que vous avez suivie depuis 72 heures. Nos compatriotes ont été refoulés. Alors, nous avons été mandatés le président du Faso et le Premier ministre, pour venir non seulement évaluer la situation, identifier les différents problèmes et apporter l’assistance nécessaire à nos compatriotes, mais aussi voir dans quelle mesure organiser de façon digne et décente le rapatriement de nos compatriotes’’, a-t-il indiqué.
Le commissaire divisionnaire de police a salué l’accompagnement des autorités maliennes, ainsi que les efforts de l’ambassade du Burkina Faso au Mali. ‘’Dès notre arrivée, nous avons bénéficié de l’hospitalité légendaire de nos homologues frères du Mali. Et nous avons pu tenir une séance de rencontre pour évaluer réellement la situation existentielle. Alors, ce qui a été évoqué, c’est que des mesures ont déjà été prises par nos frères du Mali, en termes d’accompagnement et d’assistance humanitaire. Toute chose qui a permis aussi de soulager nos compatriotes.
En plus de cela, l’ambassade du Burkina Faso au Mali a pu apporter l’assistance nécessaire tant au niveau de Bamako qu’au niveau de la zone frontalière pour pouvoir aussi soulager nos compatriotes’’, a-t-il fait savoir. Les autorités burkinabè s’organisent pour rapatrier leurs ressortissants ayant quitté les zones aurifères de Siguiri. Selon le ministre de la sécurité, Mahamadou Sana, une centaine de cars ont été mobilisés à cet effet, dont 50 étaient déjà en route vers le Mali au moment de sa déclaration.
‘’Ensemble, nous avons réfléchi à la meilleure stratégie pour non seulement renforcer cet accompagnement et cette assistance humanitaire, mais également voir dans quelle mesure, à partir de demain et dans les meilleurs délais, nous pourrons ramener nos compatriotes au Burkina Faso.
Une centaine de bus a déjà été mobilisée, dont 50 sont déjà en route vers le territoire malien pour que, dès demain, nous puissions organiser ce rapatriement. Et aussi, à partir du Burkina Faso, des sites d’accueil ont déjà été identifiés et organisés pour permettre également le retour de ces compatriotes dans leurs familles respectives’’, a-t-il annoncé sur la Télévision nationale du Burkina Faso.
Si le gouvernement burkinabè s’active à organiser le retour de ses ressortissants, son ministre de la Sécurité n’a pas caché son mécontentement. ‘’Il faut souligner que cette opération est malheureusement fort déplorable et regrettable. Parce qu’on se dit qu’une telle opération ne peut quand même pas être déclenchée sans une planification. Et qui parle de planification parle aussi d’évaluation des conséquences et des implications.
En aucun cas, ni les autorités maliennes ni les autorités burkinabè n’ont été informées à l’avance de cette opération. Toute chose qui n’a pas permis d’anticiper également sur ce qui se passe actuellement’’, a-t-il déploré. Deuxièmement, a-t-il poursuivi, ‘’nous avons enregistré, fort déplorable, des blessés, même parfois des blessés par balle. Ce qui laisse croire que nos compatriotes ont subi des traitements cruels, inhumains et dégradants. En tant que pays frère, cela est réellement regrettable et il était nécessaire de souligner cela’’.
Source : Vision Guinée

