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Burkina/Conflit au Moyen-Orient : l’économie serait affectée par les prix du pétrole et des engrais (Banque mondiale)

Selon la note sur la situation économique du Burkina Faso de la Banque mondiale de mai 2026, le conflit au Moyen-Orient devrait affecter le Burkina à travers une hausse des prix mondiaux du pétrole et des engrais. Avec des importations de carburant représentant environ 9% de la richesse nationale ou Produit intérieur brut (PIB) en 2025, la hausse des prix du pétrole, suite à cette crise devrait se transmettre fortement à l’économie nationale via les canaux de la production, de l’inflation et des finances publiques selon 2 scénarii envisagés.

Dans le scénario de référence, basée sur des hypothèses les plus plausibles à moyen ou long terme, qui suppose un prix du pétrole de 94 dollars américain par baril, la crise devrait peser sur l’économie du « pays des hommes intègres ». L’augmentation des coûts de l’énergie, des engrais et du transport devrait affecter les secteurs de l’agriculture, des mines et de l’électricité. Des travaux empiriques indiquent qu’une augmentation du prix des engrais pourraient réduire de manière significative les rendements agricoles.

La production aurifère, fortement tributaire du carburant, pourrait voir également ses marges se contracter, retardant certains investissements et réduisant les recettes publiques issues des redevances minières. Les centrales thermiques de la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) font face à une hausse des coûts de carburant qui ne peut pas être répercutée sur les tarifs réglementés, augmentant le risque de délestage. La société pourrait nécessiter un soutien financier additionnel de l’État pour maintenir l’approvisionnement en carburant.

Dans un scénario plus pessimiste (plus sévère) avec un prix du pétrole atteignant 135 dollars américain par baril, dépassant le pic mensuel le plus élevé observé dans l’histoire récente entraînerait une inflation généralisée. Cette hausse éroderait les revenus réels des ménages et aggraverait la pauvreté. Le maintien de prix administrés des carburants deviendrait difficilement soutenable sur le plan budgétaire et nécessiterait, à terme, un ajustement des prix.

La hausse du coût des intrants pèserait également sur la production, exacerbant l’insécurité alimentaire, tandis que la marge de manœuvre budgétaire limitée et le resserrement des conditions financières limiteraient la réponse du gouvernement et amplifieraient l’impact sur la croissance et la stabilité macroéconomique. Dans ce contexte, des mesures d’atténuation à court terme combinées à des réformes structurelles à moyen terme sont indispensables pour préserver la stabilité macroéconomique du pays.

Wandaogo Moussa/OuagaNews

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