La coalition JAM a procédé, ce mercredi 23 septembre 2026 à Loumbila, au lancement de la phase-pilote du projet « Reconstruire ». Cette initiative est destinée à accompagner 50 détenus de la Prison de haute sécurité dans leur rééducation et leur réinsertion sociale. À travers un programme combinant soutien psychosocial, déradicalisation et formation professionnelle, le projet vise à préparer sereinement leur retour au sein de la communauté.
Sortir de prison ne signifie pas toujours retrouver sa place dans la société. Pour certains détenus, le retour à la vie communautaire s’avère difficile, surtout lorsqu’ils portent encore les traces de traumatismes ou restent marqués par des idéologies extrémistes. C’est précisément à cette réalité que le projet « Reconstruire » souhaite répondre.
À la Prison de haute sécurité de Loumbila, 50 détenus ont été sélectionnés pour cette phase-pilote. Tout au long de leur parcours, ils bénéficieront d’un accompagnement complet axé sur le travail comportemental, le développement relationnel et les opportunités de réinsertion post-carcérale.
Le projet débute par une évaluation individuelle des bénéficiaires. Cette étape permettra aux spécialistes de cerner le parcours de chaque détenu, ses antécédents, son niveau de radicalisation, ainsi que ses besoins spécifiques. Les résultats serviront ensuite, à concevoir un plan d’accompagnement sur mesure. La prise en charge inclura des séances de soutien psychologique, à travers des thérapies individuelles et de groupe, pour aider les détenus à surmonter leurs traumatismes et à restaurer l’estime de soi. Les échanges collectifs favoriseront également le partage d’expériences et le renforcement de la résilience.
Le volet déradicalisation constituera un pilier central de l’initiative. Des référents religieux et de personnes-ressources animeront 12 modules consacrés à la compréhension de la religion. L’approche privilégie le dialogue, l’écoute et la discussion afin de déconstruire progressivement les discours radicaux.

Pour Herman Kalmogo, chargé du projet, cette démarche s’adapte aux réalités singulières de la Prison de haute sécurité. Les détenus incarcérés présentant des profils et des niveaux de radicalisation variés, il est indispensable, selon lui, d’ajuster l’accompagnement au cas par cas, plutôt que d’appliquer une réponse uniforme.
Par ailleurs, le projet prépare activement les bénéficiaires à l’après-détention. L’accompagnement social visera à renouer les liens familiaux et communautaires souvent brisés. La formation professionnelle occupera aussi, une place prépondérante, avec pour objectif de doter les détenus de compétences pratiques, aptes à faciliter leur autonomisation économique.
Le directeur de la Prison de haute sécurité, l’inspecteur principal de sécurité pénitentiaire Piga Zongo, salue une initiative qui répond aux besoins réels de l’établissement. Pour lui, préparer les détenus à leur retour dans la société constitue un levier majeur pour prévenir la récidive et atténuer les risques liés à la radicalisation.
Prévu pour durer deux ans (de janvier 2026 à décembre 2027), le projet « Reconstruire » est déploiyé dans onze communes du Burkina Faso. Il s’articule en trois grands volets : l’autonomisation économique des jeunes vulnérables, l’accompagnement psychosocial des victimes de l’extrémisme violent et la déradicalisation en milieu carcéral.
Ahoua KIENDREBEOGO / OuagaNews.net

