OUAGANEWS
A la UneEconomie & Développement

[Grand reportage] Résilience climatique : à Zitenga, le projet KOICA-PAM transforme le quotidien des communautés rurales

Réhabilitation des terres dégradées, jardins maraîchers, ouvrages hydrauliques et désenclavement des villages. Après trois années de mise en œuvre dans la commune de Zitenga, le Programme de renforcement de la résilience des communautés financé par KOICA et exécuté par le PAM laisse entrevoir des résultats encourageants pour les populations rurales confrontées aux effets du changement climatique.

Dans la région de l’Oubri, les conséquences du changement climatique sont visibles. Les terres se dessèchent au fil des saisons, les sols perdent progressivement leur fertilité et les productions agricoles peinent à satisfaire les besoins des populations. Dans plusieurs villages, les sécheresses répétitives ont fragilisé les moyens de subsistance des ménages ruraux, rendant l’agriculture de plus en plus difficile.

Face à cette réalité, le Programme de renforcement de la résilience des communautés, financé par l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) et mis en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM), tente depuis 2023 d’apporter des réponses durables aux difficultés des communautés rurales.

Alors que le projet arrive à son terme après trois années d’exécution, des journalistes ont été invités à effectuer une immersion dans plusieurs villages de la commune de Zitenga afin de constater les réalisations faites au profit des populations bénéficiaires.

En effet, cette visite de terrain a permis de découvrir des infrastructures et des initiatives communautaires mises en place pour améliorer la sécurité alimentaire et renforcer la capacité de résilience des populations face aux chocs climatiques.

Dans la commune de Zitenga, 20 villages sur les 54 que compte la localité ont bénéficié du programme. L’un des principaux axes d’intervention du projet concerne la récupération des terres dégradées.

Dans plusieurs villages, des espaces autrefois arides et improductifs ont été réhabilités grâce à des techniques de conservation des eaux et des sols. Cordons pierreux, zaï et demi-lunes ont ainsi été réalisés afin de permettre aux terres de retrouver progressivement leur fertilité.

Pour la Présidente de la délégation spéciale (PDS) et préfet de Zitenga, Wendeyélé Yvette Bado/Ouédraogo, les impacts du projet sont déjà visibles au sein des communautés.

« Ce projet soutenu par la KOICA et mis en œuvre par le PAM a permis de réhabiliter des terrains autrefois inexploités. Aujourd’hui, ces espaces produisent de très bons rendements agricoles. Les populations ont bien assimilé les techniques de récupération des terres, ce qui contribue fortement au développement durable de la commune », a-t-elle expliqué.

Selon elle, les bénéfices du programme dépassent le cadre agricole.

« En dehors des techniques agricoles, des ouvrages de franchissement ont été réalisés afin de relier plusieurs villages qui étaient souvent coupés pendant la saison hivernale. Cela facilite désormais les échanges entre les populations et améliore leurs conditions de vie », a ajouté la première responsable de la commune.

Parmi les réalisations visitées, figure le jardin scolaire du village de Sadaba. Aménagé grâce au projet, le site est équipé d’un château-d’eau permettant l’approvisionnement régulier en eau pour les cultures.

Sur place, plusieurs spéculations maraîchères sont produites et servent directement à alimenter la cantine scolaire. L’initiative permet ainsi d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas servis aux élèves tout en renforçant les activités pédagogiques de l’établissement.

Pour la directrice de l’école de Sadaba, Fatimata Tiendrébéogo, ce jardin constitue aujourd’hui un outil éducatif et économique important pour l’école.

« C’est une grande satisfaction pour nous de bénéficier de ce jardin. Les élèves découvrent les plants dans le cadre des cours de sciences et cela rend les apprentissages beaucoup plus faciles. Nous utilisons également les feuilles fraîches pour préparer des mets locaux à la cantine scolaire, deux fois par semaine », a-t-elle confié.

Au-delà de son rôle pédagogique, le jardin contribue également au fonctionnement de l’établissement.

« Nous vendons une partie des légumes aux habitants afin de soutenir le budget de l’école. Cela nous aide énormément », a ajouté la directrice.

Dans le village d’Andem, les populations ont plus adopté la technique des demi-lunes simples pour restaurer les terres dégradées.

Autrefois nue et improductive, une étendue de clairière a été réaménagée sur près de 10 hectares afin d’accueillir la campagne agricole qui s’annonce. Les demi-lunes, creusées de manière stratégique, permettent de retenir l’eau de pluie, de limiter le ruissellement et de favoriser l’infiltration de l’eau dans les sols.

Et donc avec à les aménagements du genre, les terres vont récupérer progressivement leur fertilité et redevenir exploitables pour les activités agricoles.

Issa Kouanda, habitant du village, témoigne des changements observés depuis le lancement du projet.

« Nous avons choisi les demi-lunes sur les conseils de nos partenaires. Depuis la mise en œuvre du projet, nous constatons une nette amélioration des rendements agricoles. Des terres qui étaient autrefois non cultivables produisent désormais », s’est-il réjoui.

Dans cette même localité, un hectare de jardin maraîcher a également été aménagé au profit des femmes. Le site est équipé d’un château-d’eau fonctionnant grâce à un système solaire permettant l’irrigation des cultures tout au long de l’année.

Cette activité offre aux bénéficiaires la possibilité de produire des légumes frais en toute saison et de diversifier leurs sources de revenus.

L’une des réalisations majeures du projet dans la commune de Zitenga reste la construction d’un bouli dans le village de Kolgondiesse.

D’une capacité de 13 000 mètres cubes d’eau, cet ouvrage a été réalisé dans une zone stratégique de collecte des eaux de ruissellement. L’objectif est de permettre le stockage des eaux de pluie afin de répondre à plusieurs besoins des populations.

L’eau retenue dans ce bouli pourra servir à l’abreuvement des animaux, aux besoins domestiques, à la confection de briques ainsi qu’aux activités maraîchères de contre-saison.

Pour Wendpagnagdé Joséline Sankima, chef du bureau PAM Oubritenga/Koulpélogo, cette infrastructure s’inscrit pleinement dans les objectifs du programme.

« Ce projet est un bel exemple de synergie entre les autorités administratives, les communautés et le PAM. L’objectif est de renforcer la résilience des populations face aux chocs climatiques et d’améliorer durablement leur sécurité alimentaire et nutritionnelle », a-t-elle indiqué.

Selon elle, cette immersion médiatique permettra également de mieux faire connaître les impacts du projet après trois années de mise en œuvre dans la commune.

À travers les différentes réalisations observées dans les villages bénéficiaires, le Programme de renforcement de la résilience des communautés laisse entrevoir des résultats encourageants dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et les effets du changement climatique.

Pour les populations, ces aménagements représentent bien plus que de simples infrastructures. Ils constituent des opportunités de relance économique, de sécurisation des moyens de subsistance et d’amélioration des conditions de vie.

Toutefois, dans un contexte marqué par la pression climatique et la dégradation continue des terres, les bénéficiaires espèrent la poursuite de telles initiatives afin de consolider les acquis obtenus au cours, des trois dernières années.

Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

Articles similaires

Saaba : la police appréhende des individus qui trompaient la clientèle avec des sacs de riz reconditionnés

Ouaganews

#Burkina/Gestion des ressources humaines 2023 : l’Etat se penche sur la digitalisation

Ouaganews

Armoiries du Burkina Faso : vers une révision de la loi y relative (Conseil des ministres)

Ouaganews

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.