« Partir sans papiers, c’est s’exposer à des dangers : exploitation, détention arbitraire, ou même la perte de sa vie. En 2025, plus de 3 162 personnes ont disparu ou perdu la vie sur les routes migratoires en Afrique de l’Ouest, Centrale et en Méditerranée. Pourtant, des voies régulières, sûres et ordonnées existent pour se déplacer en sécurité et dans la dignité. Avant de prendre une décision, informez-vous sur les voies régulières et les risques réels. » #MigrationSûre #Prévention
Ceci est un message du projet OUESTAF, financé par l’Union Européenne, contracté par l’ICMPD et mis en œuvre par WeWorld et WiLDAF-AO
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Poussés par la pauvreté, le chômage et l’absence de perspectives d’avenir, de nombreux jeunes burkinabè prennent chaque année la route de la migration irrégulière dans l’espoir d’atteindre l’Europe. Entre traversée du désert, violences, prisons clandestines et naufrages en Méditerranée, cette aventure souvent présentée comme un chemin vers la réussite se transforme parfois en drame humain. À travers le témoignage de Hervé, ancien migrant de retour au pays, cet article met en lumière les dangers de cette forme de migration.
Derrière ce rêve d’eldorado se cachent pourtant des réalités souvent tragiques. Hervé, un jeune burkinabè revenu au pays après plusieurs tentatives infructueuses entre 2021 et 2024, témoigne de cette aventure périlleuse qui aurait pu lui coûter la vie.
Issu d’une famille modeste, Hervé nourrissait un seul objectif, réussir pour venir en aide à ses parents. Après l’obtention de son baccalauréat, il décide d’abandonner les études afin de tenter l’aventure vers l’Europe.
Comme beaucoup de jeunes de son âge, il était convaincu que l’Europe représentait un avenir meilleur, fait d’opportunités et de réussite financière. « Je voulais travailler et changer la vie de ma famille », confie-t-il. Son voyage débute au Burkina Faso, puis se poursuit à travers le Mali avant d’atteindre l’Algérie. Là-bas, il travaille pendant plusieurs mois afin de réunir suffisamment d’argent pour continuer son trajet vers la Libye, principal point de départ des migrants vers l’Europe.
Avant même d’atteindre la Méditerranée, Hervé découvre l’enfer du désert. Entre chaleur extrême, manque d’eau et longues traversées dans des véhicules surchargés, plusieurs migrants perdent la vie en cours de route. « Certains tombaient malades à cause de la soif et de la fatigue. D’autres étaient abandonnés dans le désert », raconte-t-il. À cela s’ajoutent les violences exercées par les passeurs. Les migrants sont souvent victimes de racket, de coups et de menaces. Beaucoup voient leurs économies disparaître avant même d’arriver à destination.
Le moment le plus traumatisant pour Hervé reste sa première traversée de la Méditerranée. En Libye, il embarque avec près d’une centaine de migrants dans un bateau gonflable de fortune d’environ neuf mètres. Le départ se fait de nuit, avec pour seul moyen d’orientation une simple boussole. Au milieu de la mer, l’embarcation est repérée par les garde-côtes libyens. « Ils ont tiré sur notre bateau. L’embarcation a coulé. Ceux qui ne savaient pas nager sont morts sous nos yeux. C’était le 6 Août 2021. », témoigne-t-il avec émotion. Les survivants sont ensuite arrêtés puis enfermés dans des prisons de fortune. Il décrit que dans ces prisons, les conditions inhumaines à savoir le manque de nourriture, violences physiques, humiliations et extorsions d’argent. « Là-bas, nous étions traités comme des esclaves », affirme-t-il.
Malgré ces drames, Hervé tente à trois reprises de rejoindre l’Europe. Chaque fois, il est intercepté dans les eaux internationales puis renvoyé dans des centres de détention. Ce n’est qu’après sa troisième arrestation qu’il retrouve enfin la liberté grâce à l’intervention de l’ambassade du Burkina Faso et au soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). De retour au pays, il essaie aujourd’hui de reconstruire sa vie et sensibilise les jeunes sur les dangers de la migration irrégulière.
Aujourd’hui, Hervé lance un message aux jeunes tentés par la migration irrégulière : « On pense que l’Europe est facile, mais beaucoup meurent avant d’y arriver. J’ai vu des personnes perdre leur vie dans le désert et dans la mer. Si c’était à refaire, je ne repartirais plus de cette manière. » Son histoire rappelle que derrière chaque migrant se cache un rêve, mais aussi une vie exposée à des dangers immenses. Les témoignages comme celui de Hervé permettent de montrer la réalité derrière le rêve européen.
Cependant, ces drames peuvent être évités grâce à une meilleure sensibilisation sur les dangers de la migration irrégulière, à la création d’opportunités d’emploi et de formation pour les jeunes, ainsi qu’au développement d’alternatives adaptées aux réalités économiques et sociales des pays africains.
Pourtant, des voies régulières, sûres et ordonnées existent pour se déplacer en sécurité et dans la dignité. Avant de prendre une décision, les jeunes doivent s’informer sur les voies régulières et les risques réels. Les autorités, les médias et les organisations de jeunesse doivent multiplier les campagnes d’information sur les dangers réels de la migration clandestine.
Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

