Le 08 septembre 2026, le ministre de l’économie et des finances, Aboubakar Nacanabo a remis au ministre de la guerre et de la défense patriotique, le général de division Célestin Simporé, un important lot de matériels sensibles dont 107 équipements de connexion satellitaire Starlink. La saisie de ces équipements saisis par la brigade mobile des douanes de Bobo-Dioulasso constitue un acte symbolique dans la lutte contre le terrorisme au Burkina.
Selon les chercheurs de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), des groupes extrémistes violents au Sahel, notamment le Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM) et la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), exploitent Starlink pour renforcer leurs capacités opérationnelles car ce sont des outils de communication préférés des terroristes du Sahel car plus pratiques et abordables que les téléphones satellitaires Thuraya. Ces équipements sont utilisés aussi par les trafiquants qui utilisent légalement ces appareils pour échapper aux forces de l’ordre et entretenir des commerces illicites.
Selon GI-TOC, les équipements Starlink se composent de petits éléments portables composés d’une antenne parabolique, d’une alimentation électrique, des câbles, d’un socle et d’un routeur Wi-Fi. Les groupes terroristes les démontent pour faire passer les composantes en contrebande au milieu d’autres articles afin d’éviter la détection. Lorsqu’ils les remontent, ces équipements permettent aux terroristes de maintenir des communications, se connecter à internet par satellite en vue de coordonner des mouvements sans nécessiter d’infrastructure de télécommunication locale aggravant ainsi les défis sécuritaires dans des zones reculées.
Pour alimenter ces équipements Starlink, les terroristes utilisent les panneaux solaires qui peuvent fournir une autonomie complète ou des groupes électrogènes si le carburant est disponible. Ils peuvent être utilisés avec des batteries de véhicules ou de motos ou batteries portables de grande capacité communément appelés Powerbanks.
Par ailleurs, l’utilisation des équipements Starlink nécessite un abonnement qui doit être réglé par un moyen bancaire (carte ou virement bancaire). Pour contourner cet obstacle majeur, les terroristes utilisent des moyens de contournement tels que des prête-noms, des paiements dans des pays tiers, des cartes prépayées ou comptes tiers.
Les douaniers burkinabè sont à féliciter. En plus de leurs performances exceptionnelles dans leur recouvrement des recettes douanières cette année, ils viennent de montrer leur efficacité dans la contribution dans la lutte contre le terrorisme. Aussi, les douaniers doivent continuer à renforcer les contrôles ciblés sur les équipements de télécommunications satellitaires aux frontières. De plus, une coopération renforcée est nécessaire entre les administrations douanières régionales, les services de renseignement, les opérateurs satellitaires et les banques pour tracer les circuits d’approvisionnement transfrontaliers de ces équipements sensibles pour le bien-être de la région dans la lutte contre le terrorisme.
Wandaogo Moussa /OuagaNews

