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Abdrahamane Zetiyenga enfonce Gilbert Diendéré

Le colonel-major à la retraite Gambo Sibidou Léonard, le sergent à la retraite  Arzouma Lankoandé, et Abdrahamane Zetiyenga ont donné au tribunal militaire leur version des évènements du 15 octobre 1987, ce mercredi 8 décembre 2021.

Commandant de la 1ère unité du bataillon d’intervention rapide, le colonel Gambo note, dans son audition devant le tribunal que le jour des faits, il était de permission pour aller voir  son frère à Tenkodogo. Mais, il est venu au bureau pour préparer son cours de topographie qu’il devrait donner le samedi aux étudiants de la FIMATS.

Pendant qu’il était dans son bureau, il a reçu un appel téléphonique du lieutenant Gilbert Diendéré lui demandant sa position. Il a répondu qu’il était dans son bureau. Gilbert Diendéré lui dira de rester là-bas et qu’il arrive. Et comme le lieutenant Gilbert Diendéré tardait, il a pris l’initiative de le rappeler sur le même téléphone. C’est après cet appel qu’il a entendu le premier coup de feu.

Le colonel Gambo a d’abord, pensé à un incident. Après s’en sont suivi des rafales. Il est descendu  pour comprendre la situation. En descendant, il a dépassé le lieutenant Gilbert Diendéré sans s’en rendre compte.

Ce dernier l’interpelle et lui dit : il paraît que l’ETIR veut nous attaquer, occupez-vous de vos hommes. « Mes éléments tiraient au hasard, donc je suis allé les calmer », a indiqué le colonel-major Gambo Sibidou Léonard. Après il est rentré chez lui à Wemtenga pour se mettre en tenue de combat et revenir au Conseil.

Il a veillé jusqu’au matin avec le lieutenant Oumar Traoré.  Lors de la confrontation, le général Gilbert Diendéré dira que tout ce que le colonel-major Gambo a dit n’est pas juste.  » Je ne l’ai pas appelé et il ne m’a pas appelé. Il dit qu’il était en permission, comment je pouvais savoir qu’il était là.  Pour le colonel Gambo, le fait d’être en permission n’exclut pas que je vienne au bureau.  » Je suis étonné qu’il parle ainsi.

« Quand les tirs ont cessé,  nous nous sommes précipités en bas pour voir »  Arzouma Lankoandé

Sergent à l’époque des faits, Arzouma Lankoandé se rappelle bien le 15 octobre 1987. Ce jour-là, dira-t-il, c’était un jour de sport. Il est allé se mettre en tenue de sport chez lui à la Patte d’Oie, avant de revenir. A son retour, il est monté à son service au premier étage au secrétariat. Avec le dactylographe, Idrissa, ils attendaient l’heure du sport.

Par la fenêtre du secrétariat, il jeta un coup d’oeil pour voir si les gens ont commencé à se regrouper pour le sport. Et entre-temps, quelqu’un interpelle Lankoandé en lui disant : il y a quoi ? C’était le lieutenant Gilbert Diendéré. Il jette encore un deuxième coup d’oeil et là, il voit le cortège du président Thomas Sankara arriver.

Quelques minutes plus tard, il y a eu des tirs. Avec son collègue de bureau, ils se sont couchés sous la table. » Après les tirs, nous nous sommes précipités hors du bâtiment pour voir ce qui se passe. Et on nous a dit que le président Thomas Sankara est mort. Je suis allé prendre ma moto et je suis rentré chez moi.

En rentrant, j’ai croisé au niveau de la radio, Zetiyenga Abdrahamane. Je suis allé me mettre en tenue de combat, mais j’ai hésité de revenir au Conseil.  J’y suis quand même revenu et j’ai pris poste vers la radio nationale et on m’a demandé d’attendre les éléments de Pô qui sont arrivés vers 19h.

« J’ai été reçu par le président Thomas Sankara, le 10 octobre 1987 et il s’est confié à moi »

Le récit de l’adjudant-chef Abdrahamane Zetiyenga était révélateur. L’adjoint du lieutenant Gilbert Diendéré a raconté ce qu’il savait de cette affaire et en détail. Il dit qu’un mois avant les faits, il était en formation à Pô pour l’obtention du grade d’adjudant-chef. Et un jour, lors d’une sortie en ville, il a vu Somda Der, le chauffeur de Sankara qu’il connaissait bien. Ils ont échangé et ce dernier lui a fait le point de la situation.

Ce dernier a fait le point de sa rencontre avec l’adjudant-chef Zetiyenga au président Thomas Sankara qui lui a adressé un courrier, le 8 octobre 1987. Inquiet, il a demandé une permission pour venir à Ouaga. Il a été reçu par le président Thomas Sankara qui lui a parlé à coeur ouvert.

Il a promis de parler avec le lieutenant Gilbert Diendéré, son supérieur hiérarchique, pour qu’il organise une réunion des deux gardes rapprochées. Il va insister jusqu’à obtenir cette réunion, le matin du 15 octobre. A cette réunion, la garde rapprochée du président Thomas Sankara est venue, mais du côté de celle de Blaise, seul Maïga Amidou Paté est venu.

Ce dernier a signifié que Hyacinthe Kafando était malade. A la réunion les éléments ont proposé des solutions de la résolution de la crise. Ce qui a marqué Zetiyenga, c’est que le lieutenant Gilbert Diendéré n’a pas dit mot. Et lorsque la garde rapprochée du président Thomas Sankara est partie, il a dit aux autres qu’il a reçu un message de source A que Thomas Sankara préparait un complot à 20 h, pour les tuer.

Et il donne des instructions à Zetiyenga Abdrahamane d’aller à son poste et que lorsque le cortège du président Thomas Sankara va entrer au Conseil, de ne laisser passer personne.  Quelques minutes après l’arrivée du président Sankara, il y a deux tirs. Et vers 17 h, Zetiyenga dit avoir vu Somda Eugène quitter la présidence en courant vers lui.

Il voulait entrer, mais comme il a reçu l’ordre de ne laissez passer personne, il n’a pas voulu. Mais sur l’insistance de ce dernier, il va le  laisser entrer, mais accompagné d’un soldat. Sitôt entré, Zetiyenga voit son élément revenir en courant.

C’est lui qui m’informe que le président Thomas Sankara et ses éléments ont été tués. Il reste à son poste, toute la nuit. Il dit avoir vu deux véhicules pleins d’hommes sortir du Conseil vers 23 h.  C’est après qu’il a su que c’était des prisonniers qui sont allés enterrer les morts. Et le lendemain, au rassemblement général, il a entendu dire que le président Thomas Sankara et ses éléments se sont retrouvés sous les feux des deux camps et ils sont morts.

Abdrahamane Zetiyenga a fait savoir au président du tribunal que l’accusé Gilbert Diendéré a envoyé son chauffeur Tondé Pascal Ninda, lui dire que lorsque le juge d’instruction va l’interroger, de dire qu’il n’était pas au Conseil et qu’il est venu après les tirs. Il a même apporté un élément audio que le tribunal militaire pourra apprécier.

Moussa Wandaogo/Ouaganews

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