Il s’agit d’une saisie douanière d’une gravité exceptionnelle, réalisée dans le cadre d’une opération dénommée « Opération Folokoto » conduite du 26 janvier au 20 février 2026. L’Unité Mobile d’Intervention (UMI) a saisi 1 502 400 comprimés de Tapentadol, soigneusement dissimulés dans une cargaison conteneurisée de biscuits afin de contourner les contrôles et d’inonder le marché national.
Le Tapentadol est un opioïde de synthèse destiné au traitement des douleurs très sévères et délivré uniquement sur prescription médicale stricte. Plus puissant que le tramadol, il présente un risque élevé de dépendance et de dépression respiratoire. Utilisé en dehors de tout cadre médical, il peut entraîner une addiction rapide, des troubles neurologiques, un coma, voire le décès par surdosage.

Une quantité aussi importante était manifestement destinée à alimenter un circuit clandestin et à exposer une frange vulnérable de la jeunesse à une spirale d’addiction destructrice. Dissimuler une telle substance derrière des produits de consommation courante traduit une stratégie préoccupante : banaliser le danger pour mieux le diffuser.
En raison de la sensibilité du produit, la cargaison saisie aux encablures de Bobo-Dioulasso a été sécurisée et escortée par la Cellule Sécurité de la Douane jusqu’à destination.
Dans le même élan, une mission spéciale de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) a mis au jour d’autres trafics tout aussi préoccupants. Du cyanure (140 sacs), substance hautement toxique, a été découvert dissimulé dans des chargements de clinker.

Les équipes ont également saisi 6 374 cartons, soit 92 688 litres d’huiles moteur contrefaites estampillées Total et Shell. Au-delà de la fraude commerciale, ces produits représentaient un risque réel pour les moteurs, les engins de transport ainsi que pour la sécurité routière.
À cela s’ajoute la saisie de plus de 10 tonnes de sucre introduites en contrebande, portant atteinte à l’économie formelle et aux recettes de l’État.
Au total, la valeur cumulée de ces marchandises est estimée à plus d’un milliard de francs CFA, illustrant l’ampleur de la menace.
Ces actions démontrent que la fraude ne se limite pas à un manque à gagner financier : elle met en péril la santé publique, la sécurité collective et la stabilité économique.

Lors de la présentation de ces saisies à la presse, ce 24 février 2026, le Directeur général des Douanes, l’inspecteur divisionnaire Yves Kafando, a félicité les agents pour leur engagement, leur intégrité et leur professionnalisme, saluant une opération « méthodique et déterminée qui protège la population ». Dans le même temps, il a adressé un avertissement clair aux importateurs : l’espace économique national n’est pas une zone d’expérimentation pour des trafics dangereux. Toute tentative d’introduction de produits prohibés ou dissimulés sera sanctionnée avec la plus grande fermeté.
Par leur vigilance, la DST, à travers la mission spéciale, et l’UMI ont empêché l’infiltration de substances dangereuses et de produits contrefaits sur le territoire national.
Le message est sans équivoque : la Douane veille, agit et neutralise. Protéger la jeunesse et préserver l’intégrité économique du Burkina Faso demeurent une exigence constante et non négociable.
SCRP-DGD
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