Trois ans après le lancement de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH), le Ministère en charge de l’agriculture a dressé un bilan ce vendredi 31 juillet 2026, à travers une conférence de presse. Malgré le contexte marqué par l’insécurité et les défis climatiques, plusieurs objectifs fixés au départ ont été atteints comme dans les productions céréalières.
Présenté le 30 juillet 2026, le bilan de la période 2023-2025 met en avant une progression de la production nationale. La production céréalière a enregistré une hausse moyenne de 20 %, permettant au pays de couvrir 124 % de ses besoins en céréales en 2025. Le riz constitue l’un des principaux succès de cette offensive avec une production de plus d’un million de tonnes de paddy. Le maïs avec près de 2,7 millions de tonnes produites, au-delà de la cible initialement fixée.
Selon Amos Kienou, secrétaire technique de l’offensive agrosylvopastorale, « ces résultats sont le fruit d’importants investissements consentis par l’État. Au cours des trois dernières années, plus de 11 700 hectares de périmètres irrigués et plus de 41 000 hectares de bas-fonds ont été aménagés ou réhabilités. L’accès aux équipements agricoles s’est aussi considérablement amélioré grâce à la mise à disposition de milliers de tracteurs, motoculteurs, motopompes, semoirs et autres matériels destinés à renforcer les capacités de production des exploitants. »

Aussi, la disponibilité des intrants agricoles a aussi contribué à améliorer les rendements. Des centaines de milliers de tonnes d’engrais, de semences améliorées et d’aliments pour le bétail, la volaille et la pisciculture ont été distribuées afin d’améliorer les rendements. Dans le domaine de l’élevage, les campagnes de vaccination massives, fortement subventionnées par l’État, ainsi que les actions d’amélioration génétique du cheptel ont permis de renforcer la résilience des producteurs.
Au-delà des investissements matériels, l’offensive s’est accompagnée de plusieurs réformes destinées à transformer durablement le secteur. La mise en place du Fonds Dumu Ka Fa, de l’assurance agropastorale, la restructuration de certaines structures publiques ainsi que la création de nouvelles sociétés spécialisées traduisent la volonté des autorités d’améliorer l’organisation des filières et de sécuriser les investissements agricoles.
Toutes les filières n’ont cependant pas progressé au même rythme. Si le riz, le maïs ou encore la relance du blé affichent des résultats satisfaisants, la production de pomme de terre, de poisson et le renouvellement des vergers de manguiers restent en deçà des objectifs fixés. Le projet d’aménagement de l’Agropole de Samendeni avec les investisseurs privés n’a, pour sa part, enregistré aucune réalisation, illustrant les difficultés à mobiliser les financements privés attendus.
Sur le plan économique et social, le gouvernement estime que l’offensive a contribué à la création de plus de 91 000 emplois, dont une part importante au profit des femmes, tout en améliorant les revenus des ménages ruraux. Les performances enregistrées auraient également soutenu la croissance du PIB agricole et renforcé la disponibilité des produits alimentaires sur le marché national.
Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

