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Côte d’Ivoire/Réconciliation nationale : la patate chaude de KKB

Kouadio Konan Bertin (KKB) avait été le seul leader de l’opposition ivoirienne à n’avoir pas boycotté la présidentielle du 31 octobre 2020. Le dissident du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) avait récolté 1,99% des suffrages face au président sortant, Alassane Ouattara. Après son investiture le 14 décembre dernier, le chef de l’Etat ivoirien vient de nommer son challenger d’hier ministre de la réconciliation. Ce qui paraît, aux yeux de nombreux observateurs, comme une récompense au quinquagénaire pour avoir joué au faire-valoir à l’élection présidentielle est loin de l’être.

Le chantier de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire est parsemé d’embûches, au regard de la crispation au sein de l’opposition politique et de la population. KKB, comme on l’appelle, sera-t-il l’interlocuteur crédible d’une opposition qui l’accuse de trahison ? Saura-t-il convaincre son ancien allié Henri Konan Bédié de s’engager dans la voie du dialogue devant aboutir à la réconciliation. Comment va-t-il s’y prendre pour persuader Alassane Ouattara que la réconciliation passe avant tout, par le retour des exilés politiques, y compris Guillaume Soro ?

Autant de questions auxquelles il importe d’apporter des réponses adéquates. La volonté seule du ministre KKB suffira-t-elle à convoquer les concertations devant aboutir à l’apaisement des cœurs ? Pas du tout. Il faudra, en plus des efforts qu’il va déployer dans la mise en oeuvre de sa feuille de route, que la volonté de toute la classe politique, toutes tendances confondues, aille dans le même sens. La question de la réconciliation en Côte d’Ivoire ne date pas d’hier.

A cause des incompréhensions et de l’intransigeance des différents leaders politiques, les problèmes se sont accumulés, au fil du temps, donnant l’impression d’une impasse. A force de mettre en avant leurs contradictions personnelles, les politiques ont créé le lit de toutes les suspicions et aiguisé les tensions ethniques. Incapables de s’entendre pour évacuer les passifs et bâtir la nation ivoirienne, ils ont pris un malin plaisir à entretenir les guéguerres.

Aujourd’hui, la question de la réconciliation doit être nécessairement évacuée, pour que la Côte d’Ivoire retrouve sa quiétude. Il appartient, non seulement au président réélu de mettre à profit les premiers instants de son quinquennat pour créer les conditions favorables à l’apaisement, mais aussi à l’opposition de s’inscrire dans une logique de sortir du cercle vicieux qui compromet le développement socioéconomique de la Côte d’Ivoire.

Tous doivent mettre entre parenthèses les rancœurs accumulées au fil des ans, pour soutenir KKB dans sa lourde et complexe tâche. Oui, les Ivoiriens ont besoin de se parler pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire de leur pays. Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Mamadou Koulibaly, Guillaume Soro, Pascal Affi N’Guessan et tous les autres doivent se tendre la main pour l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire. S’ils aiment tant leur pays et le peuple ivoirien, c’est l’occasion ou jamais de faire preuve de patriotisme et de responsabilité pour finir avec cette situation incongrue.

C’est l’occasion ou jamais d’être les artisans du retour de la paix, de la prospérité et d’un avenir serein. Ensemble, ils doivent faire front commun, par-delà leurs différends, pour aider KKB à gérer convenablement, cette patate chaude qu’est le vaste chantier de la réconciliation nationale. Pour le bonheur de tous les Ivoiriens, cela est indispensable.

Ouaganews.net

 

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