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Burkina Faso/ Région de Koulsé : quand l’agriculture résiliente redonne espoir aux PDI grâce au PAM

La zone de Koulsé est particulièrement exposée à la sécheresse récurrente, à l’irrégularité des pluies et à la dégradation progressive des sols, des facteurs qui affectent considérablement les rendements agricoles et compromettent la sécurité alimentaire des ménages. Un contexte qui marque à la fois l’incertitude et la précarité, les Personnes déplacées internes (PDI) figurant parmi les plus vulnérables. Contraintes de fuir leur localité d’origine, ils trouvent toutefois, un soutien à travers la solidarité des communautés hôtes et l’accompagnement du Programme alimentaire mondial (PAM). À travers l’apprentissage de techniques agricoles adaptées et un appui constant, certains déplacés parviennent à se reconstruire.

Autrefois connue sous l’appellation de région du Centre-Nord, la région de Koulsé fait aujourd’hui face à une accumulation de défis climatiques et sécuritaires qui fragilisent les moyens de subsistance des populations. À cette aridité chronique des terres, aggravée par l’insuffisance des précipitations, s’ajoute une situation sécuritaire préoccupante. L’insécurité persistante réduit les superficies cultivables, contraignant les populations à se replier sur des espaces de plus en plus restreints. Dans le même temps, la pression démographique s’accentue, avec une population croissante et fortement concentrée, accentuant ainsi la vulnérabilité des communautés hôtes.

En effet, ces populations, déjà éprouvées par l’exil et la perte de leurs moyens de subsistance, bénéficient néanmoins de l’accompagnement du Programme alimentaire mondial (PAM), en collaboration avec les autorités locales et grâce à la solidarité des populations autochtones des zones relativement épargnées par l’insécurité.

Au-delà de l’assistance alimentaire, le PAM mise sur le renforcement des capacités et la résilience à travers la promotion de techniques agricoles adaptées aux conditions climatiques locales. Des pratiques, telles que le zaï, les cordons pierreux et la fabrication de l’engrais organique permettent aujourd’hui à de nombreux déplacés internes de retrouver espoir et autonomie.

Saidou Sawadogo, personne déplacée interne, témoigne de l’impact de cet accompagnement :« Nous avons bénéficié de l’apprentissage de plusieurs techniques agricoles avec le PAM. J’ai appris le zaï, les cordons pierreux, ainsi que la fabrication de l’engrais organique. Nous avons accepté de nous laisser guider, et aujourd’hui nous ne le regrettons pas. Nous nous réjouissons des résultats obtenus et nous en sommes pleinement satisfaits. Le rendement qui déborde mon grenier aujourd’hui, que vous voyez, a été réalisé sur une superficie estimée à pas plus d’un hectare. Je peux témoigner que ces techniques sont plus que bénéfiques, car il s’agit d’un savoir durable et pérenne. J’arrive maintenant à avoir une récolte abondante, satisfaisante. Grâce à ce savoir, nous espérons que si un jour nous retournons dans nos villages d’origine, nous pourrons perpétuer ces pratiques. Nous invitons également tous les déplacés à adhérer à ces modèles d’accompagnement du PAM. »

Dans un contexte marqué par l’incertitude climatique et sécuritaire, ces initiatives démontrent que l’investissement dans le savoir-faire local et l’agriculture résiliente constitue une réponse durable aux crises multiples que traverse la région de Koulsé, tout en redonnant dignité et espoir aux populations affectées.

Ahoua KIENDREBEOGO

OuagaNews.net

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