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Coupe du monde la FIFA 2026 : Clap de fin pour les pays africains, des supporters jugent

La coupe du monde la FIFA co organisée par les USA, le Canada et le Mexique commencée le 11 juin dernier poursuit son bonhomme de chemin. Elle est aux stades des demi-finales, mais il n’y a plus un pays africain en lice. Quel bilan en faire ? Trois supporters ont bien voulu volontiers nous faire part de leurs analyses. Dans l’ensemble des jugements, c’est la déception au bout, et beaucoup d’enseignements qu’il faudra tirer.

Hate Nanema : « Ce fut la désillusion quand les seizièmes de finale ont commencé »

«Les équipes africaines nous ont fait rêver au premier tour. Pour la première fois, on avait dix représentants, et ils se sont bien comportés,  à l’exception de la Tunisie, neuf se sont qualifiés pour le second tour, correspondant aux 16e de finale. Mais la déception allait s’ensuivre, on espérait au moins quatre ou cinq équipes en huitièmes, mais ce fut la désillusion, quand les 16e ont commencé, nos équipes chutaient les unes après les autres. Et  curieusement à chaque fois c’est dans les derniers quart d’heure, voire même dans les arrêts de jeu,  pendant  qu’elles ont l’avantage du match, que les choses se gâtent jusqu’à l’élimination.

C’est un problème général aux équipes africaines à ce mondial, cela me fait penser aux Etalons du Burkina lors de la CAN 1998, et la CAN 2021 au Cameroun, en match comptant pour la troisième place contre la RD Congo et le Cameroun, les Etalons menaient au score par trois buts d’écart, mais ils seront rejoints au score à quelques minutes de la fin de la rencontre, pour finir par perdre le match. Je pense qu’il y a un problème de mentalité et de coaching, des mauvais remplacements, ou par le refus d’injecter du sang neuf, c’est écoeurant de suivre de tels matchs mais il faut prendre cela avec philosophie.

Le Cap Vert ne m’a pas surpris par sa prestation haut de gamme à ce mondial quand bien même il était à sa toute première participation, j’ai vu le Cap Vert battre les Etalons en aller-retour, c’est une équipe qui joue en symbiose, tout le monde joue, tout le monde attaque, solidaire, et aussi techniquement au point, si les Cap verdiens qui étaient dans le même groupe  des éliminatoires que le Cameroun  ont pu  lui tenir tête pour terminer premier du groupe,  cela n’est pas surprenant, je me demande comment le coach du Cap Vert a fait pour avoir un groupe au top comme ce qu’il nous a été donner de voir à la coupe du monde, vraiment bravo au Cap Vert, il a fait honneur au continent.

Nous devons nous inspirer de l’équipe cap verdienne, le nouvel entraîneur des Etalons Amir Abdou doit avoir un regard sur les binationaux de valeur pour renforcer l’effectif. L’effectif d’ensemble  des Etalons n’est pas mauvais,  la FBF a instruit le sélectionneur à travailler pour placer les Etalons dans les dix meilleures équipes africaines, nous lui faisons confiance, pour qu’il redonne aux Etalons leur lustre d’antan,  l’épopée de la génération de la CAN 2013, vraiment j’ai de la nostalgie pour cette génération des Etalons, ils ont mouillé le maillot pour le drapeau national.

Effectivement c’en est fini pour l’Afrique à cette coupe du monde, notre dernier représentant le Maroc, n’était pas dans son bon jour face à la France lors des quarts de finale, on n’a pas vu de percussion côté marocain, pour moi est à l’heure actuelle l’équipe de France est la plus performante du monde, et je la vois sur le podium de ce mondial, voire sur la plus haute marche.

Le Maroc nous avait amené en demi-finale il y a quatre ans au Qatar, cette fois-ci on aurait aimé avoir une équipe en finale, mais hélas, les dieux du football en ont décidé autrement, nous devons tirer les leçons sans complaisance pour revenir dans quatre ans ».

Idrissa Sédogo : « Je ne vois vraiment pas de différence avec ce qui se passait auparavant  »

 « L’Afrique a pu placer 9 équipes sur 10 sur un ensemble 48 pays pour le second tour correspondant aux 16e de finale. Pour moi c’est l’augmentation du nombre d’équipes qui est passé de 32 à 48 qui a permis cela, puisqu’il y a eu un tour supplémentaire ipso facto de plus, cela a permis à des équipes qui n’ont vraiment pas le niveau de venir participer à la fête du football mondial. Moi je ne vois vraiment pas de différence avec ce qui se passait auparavant, avant il n’y avait pas de 16e de finale, l’on partait directement aux 8e de finale, et généralement c’est deux ou trois pays africains sur cinq par le passé qui y accédaient, avec souvent un pays en quarts de finale.

Les joueurs africains doivent continuer à travailler de sorte à avoir des attaquants confirmés, on n’en a certes, mais ils ne sont pas confirmés, je prends l’exemple de la Côte d’Ivoire, elle a des attaquants, mais dites-moi, lequel  joue dans un grand club européen et confirmé  comme Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich à l’attaque et titulaire, il n’y en a pas, maintenant pour les faits de match qui ont émaillé la plupart des matchs des équipes africaines, c’est une question de mentalité,  de savoir faire comme on le dit, les Arabes nous ont habitués à ces genres de match, quand ils mènent au score, de pourrir le match vers la fin, nos équipes ont encore de l’expérience à rechercher en la matière, pendant que vous, vous doutez pour les fins de match, l’adversaire est en train de prendre confiance, et du reste à l’issue de Côte d’Ivoire – Belgique, le coach Rudi Garcia a commenté cette mentalité côté africain et puis c’est vrai, il ya encore beaucoup de travail à faire, il ne suffit pas de travailler pour marquer, mais il faut aussi savoir comment travailler pour préserver l’acquis, le coaching également est à revoir, après avoir marqué, comment on doit se comporter, vers les fins de match, à quel moment opérer des remplacements, etc.

Dans ce lot de déceptions, le Cap Vert  pour un tout premier mondial, a surpris plus d’un, mais pour moi la performance du Cap Vert ne m’a pas surpris, même pendant les CAN, le Cap Vert a toujours produit un jeu formidable, il n’a pas de stars certes, mais son football est fondé sur l’homogeneité,  le collectif qui attaque, qui défend, ils ont joué sans complexe avec leurs armes, ils ont honoré l’ Afrique, vraiment bravo aux Cap Verdiens.

Notre dernier représentant dans la compétition le Maroc n’a pas pesé lourd devant la France en quarts de finale, il y avait vraiment un écart de niveau, c’est comme je le disais tantôt  avoir des joueurs confirmés, prenez l’équipe de France c’est vraiment le top à tous les niveaux, à commencer par le sélectionneur Didier Deschamps en poste depuis longtemps, il connait très bien ses joueurs et sait quels schémas tactiques employer, prenez l’attaque, Kylian Mbappé,  Michael Olise, Ousmane Dembélé ballon d’or, Désiré Doué, tous les compartiments sont au top, et une profondeur de banc tout aussi riche, le score aurait pu même  être salé que les 2-0.

 Judicaël Nabolé : « A part le Maroc et le Cap Vert, toutes les autres équipes sont à blâmer »

« Pour moi le bilan est mitigé, il faut rappeler que dans l’ancien format l’Afrique avait droit à 5 représentants, pour ce mondial il y a eu un nouveau format avec l’augmentation des équipes en phase finale, soit 48 dont neuf places directes pour l’Afrique, plus un barragiste, la RD Congo, ce qui fait dix, soit le double. Avec cette augmentation, on était en droit d’ avoir plus d’équipes aller loin arriver, minimum en quarts de finale, voire même dans le dernier carré à défaut de la finale, mais finalement ce n’est qu’un seul en l’occurrence le Maroc, le bilan est vraiment très décevant, très en déça des attentes, pour ne pas dire catastrophique.

Du reste le Maroc est dans une continuité, puisqu’il y a quatre ans au Qatar il avait même joué les demi-finales, c’est vraiment une prouesse pour le Maroc, cela n’est jamais arrivé de voir un pays africain,  jouer deux quarts de mondial de suite. L’aventure marocaine c’est arrêtée en quart face à la France, mais le Maroc n’a pas à rougir, il est à féliciter.

Beaucoup d’équipes se sont extirpées des groupes grâce aux repêchages des meilleures troisièmes, une équipe comme le Sénégal finaliste de la dernière CAN sur qui on comptait énormément a très déçu, voyez l’effectif du Sénégal, avec deux défaites en match de groupe, donc quasi éliminé, il a fallu au Sénégal battre largement l’Irak au dernier match pour être repêché in extrémis. Et ce qui a fait mal est que la plupart de ces équipes menaient leurs matchs de seizième de finale au score, et à même pas dix minutes de la fin du temps réglementaire, elles craquent, difficile à supporter.

Je dis bravo au Cap Vert, qui pour une première participation à un mondial à donner du fil à retordre à l’Espagne, championne d’Europe en titre, tenu en échec, et contre l’Argentine tenante du titre en seizième de finale après prolongation (2-3), tous nos encouragements et félicitations  au Cap Vert.

Il y a beaucoup de choses à dire sur les contreperformances récurrentes des équipes africaines, pourtant on a de grands joueurs qui jouent dans des grands clubs, mais quand nous croisons les joueurs avec lesquels ils jouent, c’est des problèmes.

Ce qui veut dire que nous avons de grands joueurs, mais pas d’équipe. Je relèverai aussi que les équipes africaines aiment se contenter du peu, je prends un exemple sur la Norvège un petit pays, à part deux ou trois joueurs qui jouent dans de grands clubs (Haaland à Man City, Sorlott  à Atletico Madrid , Odegaard à Arsenal), le reste sont des joueurs anonymes, voyez comment les joueurs norvégiens communiaient avec leur public, pour moi le don de soi des joueurs côté africain n’était pas ça du tout. Avant le mondial la Côte d’Ivoire a battu en amical la France, on s’est dit tiens elle va faire mal au mondial, cependant voilà une Côte d’Ivoire incapable de battre un pays comme la Norvège (la dernière participation de la Norvège à une coupe du monde remonte à France 98 soit 28 ans, ndlr).

Il y a beaucoup de choses à revoir dans l’organisation des pays africains, aussi bien en aval comme en amont, ce n’est pas seulement les critères sportifs, les mentalités des joueurs doivent être travaillés, le coaching,  la culture tactique, sinon ça sera ainsi à chaque mondial, quand on pense même qu’à quelques jours du mondial, le sélectionneur du Sénégal Pape Thiaw était sans contrat dûment signé, pour me résumer, sans sentiments, à part le Cap Vert et le Maroc, toutes les autres formations sont à blâmer, finalement on se rend compte que l’augmentation du nombre n’a servi à rien, quantité et qualité ne vont pas de paire ».

Propos recueillis par

Barthélemy KABORE

OUAGANEWS.NET

 

 

 

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