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Burkina/3e congrès de la F-SYNTER : un nouveau bureau face aux défis du système éducatif

Réunie du 26 au 28 mars 2026 à la Bourse du travail de Ouagadougou, la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER) a tenu son 3e congrès ordinaire. Les échanges ont porté sur les effets des réformes néolibérales, la crise sécuritaire et les difficultés structurelles du système éducatif burkinabè.

Pendant trois jours, les congressistes ont mené des réflexions sur les défis majeurs qui affectent les secteurs de l’éducation et de la recherche. Entre réformes jugées néolibérales, crise sécuritaire persistante et pressions du système impérialiste, les participants ont dressé un diagnostic sans complaisance de la situation nationale.

À l’issue des travaux, un nouveau bureau national de 13 membres a été mis en place pour conduire les activités de la fédération. À sa tête, Souleymane Badiel a été désigné secrétaire général.

Les différentes structures syndicales présentes n’ont pas manqué de faire entendre leurs préoccupations. L’union des étudiants, notamment, a soulevé plusieurs difficultés liées à la vie universitaire : retards académiques, insuffisance des allocations, bourses et prêts, mais aussi réduction des heures de stage en médecine, de la première à la sixième année, ainsi que les contraintes liées aux examens obligatoires pour les cycles de licence, master et doctorat.

Pour les acteurs du secteur, le système éducatif burkinabè se trouve aujourd’hui à un tournant critique. Ils dénoncent une mauvaise administration des établissements, à l’origine de crises récurrentes, un accès limité à l’école pour les enfants issus des milieux populaires, ainsi qu’un manque criant de ressources pour assurer le bon fonctionnement des structures éducatives.

Dans sa déclaration, le secrétaire général, Souleymane Badiel, a également pointé du doigt un contexte national marqué par une remise en cause des libertés fondamentales et politiques. Il a évoqué, entre autres, des cas d’enlèvements ou de disparitions de citoyens, des réquisitions à caractère punitif et des menaces récurrentes visant des responsables d’organisations, notamment sur les réseaux sociaux.

Il a par ailleurs dénoncé une dégradation continue du pouvoir d’achat des travailleurs, liée à la cherté de la vie et à certaines mesures économiques, notamment le prélèvement systématique de 1 % sur les salaires et de 25 % sur les primes.

« Analysant la situation interne à notre fédération, les congressistes ont relevé que la crise sécuritaire et le contexte politique ont eu des répercussions sur les structures, particulièrement dans les régions à fort défi sécuritaire. Ainsi, la fermeture ou la délocalisation d’établissements entraîne désorganisation et dysfonctionnements. Toutefois, l’organisation enregistre chaque année de nouvelles adhésions, preuve de la justesse de son orientation et de sa constance dans la défense des intérêts des travailleurs », a-t-il déclaré.

Au terme des échanges, les participants ont adopté de nouvelles orientations visant à renforcer les capacités organisationnelles de la fédération et à consolider son processus de restructuration, dans un contexte national jugé complexe et exigeant.

Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

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