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Affaire des 46 militaires ivoiriens : vers un dénouement dans les prochaines heures ?

Ce jeudi 29 décembre est une date décisive pour les 46 soldats ivoiriens détenus au Mali depuis le 10 juillet 2022. Au moment où nous traçons ces lignes, ils comparaissent devant la cour d’assises de Bamako, dans le quartier de Banankabougou. L’instruction de leur dossier, confiée à un juge anti-terroriste, a été clôturée, il y a environ deux mois. Seront-ils libérés au grand soulagement de leurs familles qui attendent depuis des mois leur retour ?

En tous les cas, les pronostics vont bon train. D’aucuns stipulent qu’ils bénéficieront de peines légères qui prendront en compte le temps de leur incarcération dans les geôles maliennes. D’autres tablent sur une grâce présidentielle du chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta. Les autorités maliennes vont-elles peser dans la décision de justice en prenant la réquisition de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui avait donné jusqu’au 31 décembre 2022 pour la libération des soldats ivoiriens ?

La médiation menée par le président togolais va-t-elle également jouer en faveur d’un dénouement heureux ? Au-delà de ces interrogations, tout porte à croire que l’on s’achemine vers une décrispation de la situation entre les deux pays voisins.

La délégation ivoirienne conduite par le ministre d’Etat, ministre de la défense, Téné Birahima Ouattara, qui a séjourné à Bamako, la semaine dernière, où elle a signé un « mémorandum » avec les autorités maliennes en présence du médiateur togolais, a sans doute permis de trouver le juste compromis.

Les différentes initiatives de refermer cette parenthèse de tensions ont fait bouger les lignes de côté de Bamako qui persistait à qualifier les soldats ivoiriens de mercenaires. L’on peut dire que la comparution devant une juridiction malienne vise à se conformer aux principes de l’institution judiciaire malienne qui avait pris en charge le dossier.

Après quelques six mois de malentendus entre autorités maliennes et ivoiriennes, le temps est venu de tendre une volonté commune d’apaisement des relations entre les deux Etats liés à la fois par l’histoire et la géographie.

Les deux parties ont compris la nécessité de sortir de ce cycle de sempiternelles incompréhensions qui, il faut le dire, tirent leur source des sanctions infligées au Mali,  début janvier dernier par la CEDEAO. Pour Bamako, le président ivoirien Alassane Ouattara a dû peser de tout son poids dans l’embargo qui a été imposé au pays de Modibo-Keita. Sans dédouaner personne, l’on peut soutenir que l’affaire des 46 militaires ivoiriens qui ont atterri à Bamako en début juillet dans le cadre de la rotation des troupes de la MINUSMA, a été à tort ou à raison exploitée pour régler des comptes à Abidjan, à tout le moins pour se venger.

Au moment où l’on s’achemine à coup sûr, vers une sortie de crise, le Mali et la Côte d’Ivoire doivent comprendre qu’ils n’ont aucun intérêt à entretenir des inimitiés stériles. Les défis actuels de l’Afrique de l’Ouest sont plus préoccupants que les questions d’ego entre dirigeants. Face à la crise sécuritaire qui ballote les destins des peuples et des Etats ouest-africains, il est plutôt raisonnable que les dirigeants transcendent leurs divergences pour faire preuve de solidarité devant le malheur insidieux et pernicieux qu’est le terrorisme.

Il vaut mieux se concentrer sur les initiatives communes capables d’aider à extirper ce mal qui assombrit l’horizon. Qu’on le veuille ou pas, c’est en acceptant de se serrer les coudes que les Etats africains sauront affronter le vaste chantier du développement socioéconomique qui se fait attendre depuis des lustres. Aucun Etat ne peut se targuer d’avancer en solitaire.

C’est une chimère que de prétendre que l’on peut se passer des autres et s’en sortir. Au lieu de s’étriper sur des considérations moyenâgeuses, nos dirigeants gagneraient à voir plus les liens séculaires qui unissent les peuples que de se recroqueviller sur des frontières décidées par le fait colonial ou sur un nationalisme étriqué et nombriliste.

C’est à l’aune d’une politique vertueuse, réfléchie et dépouillée de l’émotionnel que nos Etats sauront engendrer une créativité collective profitable à tous. L’affaire des 46 soldats ivoiriens, au-delà de ce qu’elle a suscité comme passions, de part et d’autre, devrait permettre à la Côte d’Ivoire et au Mali d’accorder plus de priorité à ce qui les unit le plus, la communauté de destin.

Ahmadou Bayala/Ouaganews

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