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Burkina/Barrage de Gonsé : la réhabilitation annoncée pour sécuriser l’eau et les moyens de subsistance

Le Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé au lancement de la campagne de mobilisation des eaux de surface à travers le curage de 100 barrages, ce samedi 31 janvier 2026, au barrage de Gonsé, à Koubri. Une initiative du gouvernement qui entend répondre durablement à la crise de la rétention d’eau.

Portée par les investissements massifs de l’État dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025, la campagne agricole 2025-2026 s’inscrit déjà comme un tournant historique. La production céréalière nationale est estimée à 7 142 484 tonnes, dont 1 008 737 tonnes de riz et 2 686 531 tonnes de maïs, tandis que la production halieutique connaît un regain notable grâce à l’introduction des cages flottantes sur plusieurs plans d’eau du pays.

Mais derrière ces performances encourageantes se cache une réalité plus préoccupante : la difficulté persistante à retenir l’eau, indispensable à l’alimentation en eau potable et au développement agropastoral et halieutique tout au long de l’année. En cause, le tarissement précoce des barrages, dont l’état de dégradation est alarmant. À l’échelle nationale, 40 % des barrages sont fortement dégradés, 50 % moyennement dégradés, et seuls 10 % demeurent en bon état. Vieillissantes, avec un âge moyen de 30 ans, ces infrastructures subissent l’ensablement, l’envasement, la fragilisation des digues et des dysfonctionnements des ouvrages d’évacuation.

Construit en 1984, le barrage de Gonsé constitue ces défis. Avec une capacité de retenue de 200 000 m³, il irrigue environ 100 hectares de terres agricoles et fait vivre 200 exploitants, dont 110 femmes et 90 hommes. Il constitue également une ressource vitale pour un cheptel estimé à 750 bovins et 1 100 petits ruminants.

Cependant, la réduction progressive de sa capacité de stockage limite les activités maraîchères, pourtant essentielles aux revenus des ménages, en particulier ceux des femmes. En saison sèche, la rareté de l’eau fragilise aussi l’abreuvement du bétail et compromet les efforts de diversification agricole.

Pour inverser la tendance, le gouvernement, à travers le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, lance une vaste campagne de curage, de dragage, de réhabilitation et de confortation de 100 barrages à l’échelle nationale. Cette première phase concernera 12 régions administratives sur 17.

L’objectif est clair : restaurer les capacités de stockage des barrages à vocation agropastorale et d’adduction d’eau potable, afin de mobiliser au moins 50 millions de m³ d’eau supplémentaires. Une mobilisation rendue possible grâce aux moyens matériels mis à disposition le président du Faso.

Dotée d’un budget de plus de 19 milliards de FCFA, entièrement financé par le budget de l’État (exercice 2026), la campagne s’étendra sur cinq mois. À terme, elle devrait améliorer l’accès à l’eau potable, accroître les superficies irriguées avec maîtrise totale de l’eau, renforcer l’abreuvement des animaux et soutenir la production piscicole.

Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

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