Longtemps attendue, la mise en œuvre du Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) est désormais effective dans les centres hospitaliers de la capitale. Entre réductions significatives des coûts et satisfaction des premiers bénéficiaires, l’heure est au constat d’une réforme qui change déjà la donne pour les usagers.
La Caisse nationale d’Assurance Maladie Universelle (CNAMU) en a fait le constat à travers une visite au CHU (Centre hospitalier universitaire) Yalgado Ouédraogo et au CHU de Bogodogo, dans la matinée du jeudi 05 février 2026.
Sur le terrain, la réalité des chiffres parle d’elle-même. Pour les patients rencontrés au CHU de Bogodogo et au CHU Yalgado Ouédraogo, le RAMU n’est plus un projet lointain, mais une bouffée d’oxygène pour le portefeuille.
Tiéga Sawadogo, agent au ministère de la Santé, témoigne de l’impact direct sur ses frais : pour des examens sanguins et une consultation au CHU de Bogodogo, il a bénéficié de la prise en charge de 70 % par le RAMU. « La consultation était à 4 500 FCFA, j’ai payé 1 350 FCFA. C’est vraiment salutaire », confie-t-il tout heureux.
De son côté, M. Paligwendé Thierry Silga, venu pour des séances d’acupuncture au CHU Yalgado Ouédraogo, a vu sa facture passer de 25 000 FCFA à 7 500 FCFA. Pour lui, ce dispositif est un véritable « filet social » qui permet d’anticiper les coups durs, même quand on a « les poches trouées ».
Au cœur de l’administration hospitalière, on confirme la mise en marche du système. Thiombiano/Sorgho Mariam, responsable de la gestion administrative des patients au CHU Yalgado Ouédraogo, précise que l’opérationnalité est effective depuis le 1er février.
À ce jour, l’hôpital a déjà pris en charge 13 patients sous ce nouveau régime, dont un cas en hospitalisation. Le CHU de Bogodogo a enregistré sept (7) patients dont un sous surveillance médicale.

L’éligibilité est vérifiée directement via une base de données, garantissant un accès rapide aux soins dès que le patient est reconnu par le système.
« Beaucoup de patients ne pensaient pas que c’était déjà effectif. Dès qu’ils voient que la mesure est fonctionnelle, ils sont très contents », souligne Mme Thiombiano.
Des réglages restent cependant nécessaires pour fluidifier le parcours du patient. Les bénéficiaires signalent une certaine « lourdeur administrative » due aux multiples allées et venues entre la facturation, la caisse et le médecin.
La direction de l’hôpital reconnaît ces difficultés de début de parcours, les attribuant à la séparation physique des services de facturation et de recouvrement. Des ajustements sont toutefois en cours pour que le personnel s’approprie pleinement les outils et que l’accès aux soins devienne, à terme, totalement fluide.
En somme, si le RAMU est encore dans sa phase de rodage, son effectivité est une victoire pour l’accessibilité des soins au Burkina Faso.
DCRP/MSP
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