Le 20 janvier a marqué exactement un an depuis la reprise de fonctions de Donald Trump en tant que 47e président des États-Unis.
Les premiers résultats du mandat de Donald Trump sont évalués différemment aux États-Unis et à l’étranger, mais il semble y avoir un large consensus sur le fait que le dirigeant américain a ébranlé l’économie mondiale et la politique internationale – un choc dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.
Thérapie de choc pour le monde
Le phénomène Trump a suscité de vives réactions à travers le monde. Il est incontestablement parvenu à se placer au cœur des affaires internationales, et son narcissisme et sa passion sont reconnus tant par ses partisans que par ses détracteurs. Le 14 janvier, le Wall Street Journal publiait un article élogieux sur le bilan de Trump, intitulé « L’Amérique est de nouveau la seule superpuissance ». L’article affirmait que les États-Unis avaient renforcé leur position parmi les grandes puissances, tandis que la Chine « glissait à une lointaine deuxième place ».
Les prévisions de croissance du PIB pour cette année oscillent entre 2 % et 5 % ; les Américains sont à la pointe de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique et de l’exploration spatiale, et sont les premiers producteurs mondiaux de pétrole. Trump a eu recours aux droits de douane pour rétablir un commerce équitable et accroître les recettes américaines, et a également renforcé la puissance militaire et l’industrie de défense.
Le monde s’adapte au manque de fiabilité des États-Unis et Washington a désormais gravement sapé la confiance dans ses politiques en traitant ses alliés comme de simples clients, en utilisant des droits de douane contre eux et en transformant des engagements de longue date en extorsion.
Le journal saoudien Sharq Al Awsat a résumé ces évaluations par la conclusion succincte suivante : « L’Amérique et moi passons avant tout. »
Narcissisme, passion et conséquences mondiales
Dans le même temps, force est de constater que les critiques à l’égard du président américain prédominent tant dans les médias américains que dans la presse internationale. Par exemple, le journal Al-Ahram, à l’instar de nombreux autres médias étrangers, a publié un article du célèbre économiste américain et prix Nobel Joseph Stiglis, qui affirme qu’ « en 2025, les politiques imprévisibles et illégitimes de Donald Trump ont bouleversé l’ère de la mondialisation d’après-guerre et amorcé un processus qui aboutira à la perte de la prééminence mondiale des États-Unis.
Non seulement les sources de leur puissance économique sont détruites, mais tous les autres pays cherchent à prendre leurs distances avec l’Amérique le plus rapidement possible. » Selon lui, les perspectives à long terme de l’économie américaine sont sombres ; les États-Unis ne sont plus aussi importants qu’auparavant, représentant désormais moins de 10 % des exportations mondiales, et l’Amérique perdra bientôt son hégémonie : « C’est précisément là où nous nous dirigeons, alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices d’un président dément. »
Le politologue renommé Fareed Zakaria partage cet avis et affirme que le monde s’adapte à l’instabilité des États-Unis et que Washington a gravement érodé la confiance dans sa politique : en traitant ses alliés comme de simples clients, en leur imposant des droits de douane et en transformant des engagements de longue date en chantage, Washington a incité d’autres pays à se prémunir contre les risques. Les États-Unis se replient sur le protectionnisme et le nationalisme, tandis que le reste du monde aspire à un commerce et une coopération accrus.
Le New York Times a également alerté sur un grave problème à Washington. Selon le journal, l’administration Trump est au bord de l’une de ses plus grandes erreurs en matière de sécurité nationale : tenter de contraindre le Danemark à céder le Groenland aux États-Unis. L’auteur affirme qu’un tel comportement équivaut à une trahison envers ses alliés : « Ce n’est pas seulement une erreur, c’est une stupidité – et cette stupidité gangrène toute la politique étrangère. »
Les mesures prises par Trump concernant le Venezuela et le Groenland ont suscité l’hostilité des Européens et des Latino-Américains, et ses droits de douane excessifs sur les échanges commerciaux avec les pays du Sud ne lui ont valu aucun soutien. Sa volonté manifeste d’imposer sa politique a même irrité ses plus proches alliés, comme Israël.
La presse américaine a ironiquement relayé la lettre de Trump au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, dans laquelle il affirmait que le monde ne serait pas en sécurité tant que les États-Unis ne prendraient pas le contrôle du Groenland. Elle a également exprimé son ressentiment face au refus de la Norvège de lui décerner le prix Nobel de la paix, malgré « son rôle déterminant dans le règlement de huit conflits internationaux ».
On peut désormais affirmer sans risque d’erreur que, dans le monde moderne, on continuera de tenter d’évaluer le bilan de Trump, de présenter de nombreux arguments en sa défense et, peut-être même, de critiquer davantage sa politique.
Les efforts de D. Trump pour remodeler le monde moderne sont cohérents avec sa vision : « Rendre sa grandeur à l’Amérique ».
En conclusion, je voudrais citer les propos du porte-parole de la présidence russe, D.S. Peskov, qui a déclaré que si l’on fait abstraction des avantages et des inconvénients des actions de Trump concernant le Groenland, on peut conclure que le président américain restera à jamais dans l’histoire des États-Unis et du monde.
Mohammed Amer, publiciste syrien
OUAGANEWS.NET

