Placée sous le patronage du ministre en charge de la communication Gilbert Ouédraogo, et la présidence du ministre en charge des affaires étrangères Jean Marie Karamoko Traoré, l’Institut des hautes études internationale (INHEI), a initié la 5ème conférence scientifique au profit des hommes des médias et des diplomates, ce vendredi 24 juillet 2026, à Loumbila sur le thème : « Médias et diplomatie : Comprendre les enjeux diplomatiques du traitement de l’information par les médias burkinabè. »
À l’heure où les rapports de force se redessinent sur la scène internationale, la communication s’impose comme un levier stratégique de la diplomatie. Entre rivalités géopolitiques, crises sécuritaires et la recrudescence des plateformes numériques, la manière dont un pays raconte son action et défend son image est devenue un enjeu à part entière. C’est autour de cette réalité que des acteurs de la diplomatie, des médias et du monde universitaire ont tenu la réflexion, avec pour ambition de mieux cerner le rôle des médias dans la défense des intérêts nationaux.
En effet, trois communications ont alimenté les débats. La première, présentée par l’ambassadeur Philippe Sawadogo, s’est intéressée à l’influence des médias sur l’opinion publique en matière de politique étrangère. Il a mis en évidence le rôle déterminant des médias dans la perception qu’ont les citoyens des relations internationales. Selon lui, le traitement de l’information diplomatique peut contribuer à éclairer les opinions comme il peut aussi orienter les perceptions, d’où la nécessité d’une information rigoureuse, contextualisée et fondée sur des faits.


La deuxième communication, animée par le Dr Cyriaque Paré, a porté sur la diplomatie numérique et les nouvelles dynamiques de communication. L’intervenant a montré que les réseaux sociaux et les plateformes numériques sont devenus des espaces où se construit désormais une partie de l’influence des États. Face à cette évolution, les médias burkinabè sont appelés à adapter leurs pratiques, à renforcer leur présence dans l’espace numérique et à développer des contenus capables de répondre aux nouveaux défis de la communication diplomatique.
La crise sécuritaire au Sahel et ses implications diplomatiques ont constitué le troisième axe de réflexion. À travers son exposé, le Dr Poussi Sawadogo a insisté sur la responsabilité des médias dans le traitement d’un sujet aussi sensible. Il a relevé que la manière dont les crises sont rapportées peut avoir des répercussions sur les relations entre États, sur la perception des partenaires internationaux et sur l’image du Burkina Faso. D’où l’importance d’un traitement équilibré, professionnel et respectueux des réalités du terrain.
Au-delà des différentes communications, le ministre en charge de la communication Gilbert Ouédraogo ainsi que le ministre en charge des affaires étrangères Jean Marie Karamoko Traoré, ont insisté sur la nécessité de créer une synergie entre les médias publics et privés afin de mieux faire face aux offensives informationnelles et aux campagnes de désinformation qui traversent l’espace médiatique international.
« Aujourd’hui nous voulons des médias qui s’engagent de façon patriotique. Nous avons engagé l’ensemble des médias burkinabés, qu’ils soient médias privés ou médias publics, à s’inscrire dans une dynamique de co-construction aux côtés du gouvernement. Et nous avons compris aujourd’hui que la diplomatie, c’est l’art de bien faire, et que la communication, donc les médias, c’est savoir faire et de savoir montrer ce qui est bien fait. Alors donc, nous sortons fortement édifiés, parce que nous avons eu des communications de très haut vol, et nous avons, à la faveur des échanges et des interactions avec les participants, pu prendre des engagements. », a indiqué Gilbert Ouédraogo.
Ahoua KIENDREBEOGO/OuagaNews.net

