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Burkina : la saisonnalité des pluies entraîne une augmentation de la pauvreté (Banque mondiale)

Le niveau de consommation et de richesse des ménages sahéliens, en particulier burkinabè fluctue fortement sous l’effet des variations saisonnières, même en l’absence de choc climatique, révèle une étude de la Banque mondiale. En effet, la part de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté national augmenterait de 13,7 points de pourcentage au Burkina Faso, pendant la période de soudure.

La période de soudure, qui coïncide avec la saison des pluies, est le moment de l’année où les stocks de céréales constitués par les ménages pendant la récolte précédente, sont épuisés, tandis que les prix des denrées alimentaires atteignent leur pic. Selon une note de la Banque mondiale, intitulée « Au Sahel, la saisonnalité constitue un facteur de risque important qui peut être anticipé ».

Malgré une saison de pluies de 2018 «au-dessus de la moyenne » pour l’ensemble du Sahel, avec des précipitations régulières et fiables, la consommation des ménages a été sensiblement plus faible pendant la période de soudure, ce qui souligne l’importance de la saisonnalité, y compris lorsque la campagne agricole est bonne.

En regroupant les données du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal, l’étude de la banque a montré que le niveau de consommation et de richesse des ménages sahéliens fluctue fortement sous l’effet des variations saisonnières, même en l’absence de choc climatique. Ainsi, la consommation monétaire moyenne en valeur réelle était de 9,5 % plus faible, pendant la période de soudure que pendant la période de récolte.

Cette baisse est suffisante à faire basculer des ménages vulnérables sous le seuil de pauvreté. En effet, la part de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté national pendant la période de soudure, avait augmenté de 13,7 points de pourcentage au Burkina Faso, de 6,6 points de pourcentage au Niger et de 8,1 points de pourcentage au Sénégal, par rapport à la période des récoltes.

L’insécurité alimentaire et la malnutrition augmentent pendant la période de soudure, ce qui est habituellement observé, en cas de privation plus extrême. La saisonnalité affiche un impact plus important en matière de consommation alimentaire que de consommation non-alimentaire, laquelle semble moins sensible aux fluctuations saisonnières. Ainsi, au lieu de réduire leur consommation d’aliments plus chers ou nutritifs, les ménages ont réduit leur consommation de denrées alimentaires les plus essentielles dans leur panier de consommation.

Pour la Banque mondiale, il apparaît important pour les pays du Sahel d’investir dans des mécanismes d’alerte et de réponse précoces. Les systèmes de protection sociale existants au Sahel peuvent permettre de répondre aux défis posés par la saisonnalité, en élargissant la couverture des programmes de filets sociaux en place, et en initiant des programmes de réponse saisonnière, dès les mois de février ou mars. Par ailleurs, la diversification des moyens de subsistance joue un rôle essentiel dans la réduction de la vulnérabilité des ménages ruraux

                                                                                          Moussa Wandaogo/OuagaNews

                                                                           Source : Banque Mondiale

Télécharger la note de la Banque mondiale

Sahel Seasonality Policy Brief-FINAL-FRENCH 2022-July 6

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