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Burkina : le discours d’investiture du président du Faso

Nous vous proposons l’intégralité du discours du président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, à son investiture, ce mercredi 16 février 2022.

Militaires
Paramilitaires
Volontaires pour la Défense de la Patrie
Nous qui sommes en première ligne de ce combat, il nous faut donner à nos populations des raisons d’espérer ; il nous faut leur insuffler notre rage de vaincre ; il nous faut leur donner l’envie de s’engager à nos côtés et de nous soutenir de toutes leurs forces.
Surtout. Surtout, il nous faut redonner à ces milliers de personnes déplacées internes le droit de rêver. Nous avons le devoir de leur rendre le droit de retourner chez eux, de cultiver leur terre, de nourrir leurs familles et de créer un avenir pour leurs enfants.
Avec de l’engagement, de la détermination et de la cohésion, nous pouvons y arriver. Et nous devons y arriver.
Concitoyennes
Concitoyens
Au-delà de la priorité sécuritaire, la transformation que les Burkinabè appellent de tous leurs vœux doit également s’opérer au sein de l’administration et dans la gestion de la chose publique. C’est pourquoi nous allons procéder à une dépolitisation systématique, méthodique et progressive de l’administration publique. Seules doivent prévaloir les compétences techniques et la probité.
De même, la lutte contre la corruption, véritable serpent de mer dans notre pays depuis plusieurs décennies, doit prendre une nouvelle dynamique. L’administration publique que nous voulons mettre en place doit constituer en elle-même, par son mode de fonctionnement et par les valeurs morales des premiers responsables, un outil qui dissuade.
Dans le même sens, la justice et les structures de lutte contre la corruption auront un rôle crucial à jouer. Il faudra en effet que les dossiers de crimes économiques, trop longtemps restés dans les tiroirs, soient examinés au plus vite pour assainir les bases de la nouvelle administration.
Ceux qui, par mauvaise volonté ou pour des raisons malsaines, tenteront de faire obstruction au processus, assumeront les conséquences de leurs actes. Ce serait en effet se tromper gravement que de considérer la volonté du MPSR d’inclure tous les acteurs dans le processus en cours, comme une faiblesse. Aucun individu, aussi important soit-il ne peut s’arroger le droit de prendre en otage notre peuple.
Pour les acteurs politiques, la période de transition qui s’annonce ne doit en aucun cas être considérée comme une pause ou une trêve à l’issue de laquelle reprendraient les calculs purement électoralistes et les guéguerres de chapelles aux fins d’intérêts égoïstes. Bien au contraire, cette période doit être une opportunité d’introspection, de remise en cause et de questionnement. C’est le seul moyen de tirer leçon des échecs pour proposer aux Burkinabè des projets à la hauteur des leurs attentes.
Mesdames, Messieurs
Amis du Burkina Faso
En ces moments difficiles, notre pays n’a pas été abandonné par ses partenaires. C’est l’occasion pour moi de remercier la communauté internationale pour tous les efforts consentis pour accompagner le Burkina Faso. Je voudrais également saluer la présence à cette cérémonie des représentants des organisations sous régionales, régionales et internationales.
Dans la logique de sa tradition d’ouverture, le Burkina Faso réitère sa disponibilité à travailler en toute souveraineté avec tous les partenaires dans le respect mutuel.
Nous avons pris l’engagement de faire en sorte que le processus en cours dans notre pays soit le plus inclusif possible afin de prendre en compte les aspirations profondes de notre peuple. C’est dans cette dynamique qu’a été installée la commission technique d’élaboration de projets de textes et de l’agenda de la Transition, qui a déjà commencé ses travaux et qui devrait indiquer le chemin à suivre pour un retour à un ordre constitutionnel accepté de tous, et prenant en compte nos contraintes sécuritaires, nos réalités et les aspirations de notre peuple.
Mesdames, Messieurs
Les semaines et mois à venir seront décisifs pour l’avenir de notre Nation. J’adresse aux Burkinabè de l’intérieur et de la diaspora un message de confiance. J’ai la conviction qu’il n’y a pas de fatalité dès lors que nous mettons toutes nos forces ensemble. J’ai la conviction que les ressources pour restaurer notre intégrité se trouvent en nous-mêmes. J’ai la conviction que nous avons en chacun d’entre nous la force de taire nos différences et de nous réconcilier avec nous-mêmes.
Le monde nous regarde. Tant de fois nous l’avons agréablement surpris. Tâchons de le faire une fois encore.
En ce qui me concerne, je mesure la charge et la gravité des responsabilités qui me reviennent. Je connais les enjeux et je sais les attentes. Dans l’esprit des aspirations de notre peuple, je m’engage à gouverner par l’exemple et dans la sobriété, loin du faste des temps de paix.
Le succès, seule issue envisageable à mon sens, ne sera pas le mien mais celui du peuple Burkinabè tout entier.
Retroussons donc nos manches et osons inventer le prospère Burkina de paix et de justice dont nous rêvons.
Vive le Burkina Faso
Je vous remercie !

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