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Fédération burkinabé de football : chronique d’une crise annoncée

On peut le dire sans risque de se tromper, le football burkinabè est en crise. Le processus électoral semblait bien enclenché en début mars 2020, avec le lancement des élections au niveau des ligues régionales, mais hélas! Avec le refus de l’autorisation de se présenter pour l’actuel président Sita Sangaré, refus de la hiérarchie militaire oblige, le climat s’est dégradé.

La situation a surtout empiré lorsque ce dernier a commis l’erreur monumentale de vouloir se trouver un poulain en la personne de l’ex-directeur général de la CAMEG, Monsieur Lazare Banssé.
Ce fut une grosse erreur de la part de Sita car en politique comme en sport, il faut éviter de vouloir imposer un candidat. Même si les gens ne vous le disent pas en face , il y a toujours des relents de contestation qui couvent.
En assumant publiquement son soutien à Banssé, Sita a fini par commettre l’erreur fatale.
Ce n’est pas parce que c’est X ou Y ; le résultat aurait été le même avec une autre personne.

En affirmant son soutien a un candidat, Sita a créé le sentiment de partialité avec tout ce qu’il y a comme corollaire. Il a rompu la confiance déjà fragile.
Pour ne pas arranger les choses, il y a la violation des textes concernant la mise en place de la commission électorale et la convocation des ligues à Koudougou.

Alors que la ligue de Gaoua qui avait reçu une délégation du candidat Traoré Amado et conduite par l’ancien international Rahim Ouedraogo s’était vue tanser par le président, l’opinion publique a du mal à tolérer ce qui s’est passé à Koudougou. Bref , avec la coalition de 5 candidats, qui s’oppose à la poursuite du processus électoral et qui milite pour le départ anticipé du comité exécutif actuel , il est fort probable que notre football rentre dans un sommeil comateux pour ne pas dire une crise ouverte.

En effet, si les promesses se tiennent, la FIFA pourrait intervenir et mettre la FBF dans une situation de normalisation ; ainsi donc Sangaré et son équipe pourraient être mis sous tutelle de l’instance dirigeante du football ou alors être remerciés purement et simplement.
L’un dans l’autre, le football aura au minimum 6 mois de léthargie.

Alors que faire pour économiser les énergies ?
La solution la plus simple, c’est de voir Sita rendre sa démission pour se conformer au souhait de l’Armée burkinabè, à savoir se consacrer entièrement à son corps et quitter définitivement la scène footballistique dans le respect et la dignité.
La deuxième solution, c’est la convocation d’une assemblée générale extraordinaire par les 2/3 des membres affiliés.Cette assemblée peut alors, démettre le comité exécutif.

Enfin la troisième solution, c’est que l’autorité prenne ses responsabilités comme l’avait fait René Emile Kaboré ( ministre des sports et des loisirs en 2002).
Avec l’appel de Sanou Daouda dit Famoso, lancé au premier ministre, son homonyme Daouda Azoupio, ministre des sports et des loisirs ne peut plus rester les bras croisés.

Dans les jours ou heures à venir, des concertations vont être entamées et pourraient aboutir à la suspension du processus électoral et la tenue d’un forum national pour réviser les textes qui créent les divisions et les exclusions.
Tout cela suppose le départ de l’actuel locataire qui est déjà en fin de mandat et la mise en place d’un comité de transition.
A mon avis, Sita devrait collaborer pour faciliter les choses et ne pas donner l’impression de vouloir protéger ses arrières ; s’il est aussi propre qu’il le prétend, point besoin de s’accrocher contre vents et marées.

Mamadou Tall
Conseiller des sports et loisirs

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