OUAGANEWS
A la UneSociété

Ouagadougou/Session de jugement du Pôle ECO-FI Ouaga I : 11 ans d’emprisonnement requis par le parquet contre Kinda Stanislas, le dossier mis en délibéré

(Ouagadougou, 12 février 2026)-Le Tribunal de grande instance Ouaga I, siégeant en session de jugement du Pôle économique et financier (ECO-FI) a examiné le mardi 10 février 2026, le dossier opposant le Ministère public à KINDA W. Stanislas et KABORE Salam.

Les prévenus étaient devant la chambre spécialisée du pôle ECO-FI pour répondre des faits de détournement de deniers publics, de commerce incompatible, de complicité de fabrication de cachet d’une autorité publique, de blanchiment de capitaux contre KINDA W. Stanislas et de complicité de détournement de deniers publics contre KABORE Salam, faits prévus et punis par les articles 332-17, 372-4, 332-16 , 131-4 , du code pénal et les articles 7, 113, 117,118 et 128 de la loi 016-2016/AN relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.

Les faits remontent en octobre 2024 où, à la suite d’une saisine de l’Agent judiciaire de l’État par l’Inspection générale des finances, qui avait relevé des irrégularités dans la gestion au sein du Centre pour la promotion de l’Aviculture, ex centre de promotion de l’aviculture villageoise.

Une plainte fut alors déposée auprès du parquet près le Tribunal de grande instance Ouaga I qui a saisi la section de recherche de gendarmerie de Ouagadougou aux fins d’ouverture d’une enquête. Les investigations ont mis en lumière des cas présumés de malversations constatées lors d’une passation de service, révélant notamment l’encaissement irrégulier de soixante (60) chèques pour un montant total de cinq cent soixante-dix-huit millions quatre cent soixante-douze mille quatre cent dix-neuf (578 472 419) de francs CFA, attribué à KINDA W. Stanislas, alors Chef de service administratif et financier (CSAF) de la structure.

Entendu au cours de l’enquête, le mis en cause KINDA W. Stanislas a d’abord contesté les faits avant de reconnaître avoir indûment touché la somme de cent quatre-vingt-six million neuf cent quatre-vingt-huit mille neuf cents (186.988.900) francs CFA. Il est ressorti en outre que des chéquiers étaient soustraits, remplis, signés par KINDA W. Stanislas, cosignataire qui imitait la signature du directeur général, pour toucher les montants avec l’aide de KABORE Salam, agent du Trésor ;

Saisi par le parquet à la suite de l’enquête de police judiciaire, le juge d’instruction au terme de ses investigations à renvoyer KINDA W. Stanislas et KABORE Salam devant la chambre spécialisée dans la répression des infractions économiques et financière du Tribunal de grande instance pour répondre des faits mentionnés plus haut.

À la barre, le prévenu KINDA a reconnu partiellement les faits. Il a admis avoir contrefait et encaissé entre huit et neuf chèques et estime à quarante millions (40 000 000) FCFA environs le montant total détourné revenant ainsi sur ses déclarations faites en enquête, tout en contestant l’ampleur des montants retenus par l’enquête et en niant. Interrogé sur la destination des sommes en cause, il est resté évasif, évoquant des dépenses ordinaires tout en niant que ses biens immobiliers aient été acquis au moyen des fonds détournés.

Pour sa part, KABORE Salam a contesté les faits même s’il a reconnu avoir touché un chèque de dix millions (10 000 000) de francs FCFA pour KINDA. Le prévenu KINDA est resté constant dans ses déclarations le concernant en réaffirmant que c’est lui qui a touché la dizaine de chèques et qu’à chaque fois, une somme d’un million de franc 1 000 000 FCFA était prélevée à chaque opération au titre de la chaîne d’intervention. Appelé à témoigner, le Directeur général du Centre a déclaré qu’un cosignataire ne saurait être porteur de chèque au regard des règles de fonctionnement de la structure, confirmant par ailleurs l’imitation de sa signature.

Le caissier a corroboré ces déclarations, évoquant même des cas de soustraction de chèques.

À l’issue des débats, l’État burkinabè, représenté par l’Agent judiciaire de l’État, s’est constitué partie civile et a sollicité la condamnation des prévenus de rembourser à l’Etat la somme total de six cent sept million trois cent quatre-vingt-seize mille trente et neuf (607 396 039) francs CFA pour le préjudice financier, cinq millions (5 000 000) de francs pour le préjudice moral et un million (1 000 000) de francs pour les frais exposés non compris dans les dépens.

Le Ministère public, estimant les infractions constituées, a requis à l’encontre de KINDA W. Stanislas une peine de onze (11) ans d’emprisonnement, dont sept (7) ans ferme, ainsi qu’une amende d’un milliard sept cent trente et cinq millions quatre cent dix-sept mille deux cent cinquante-sept (1 735 417 257) FCFA francs CFA dont le tiers ferme.

À l’encontre de KABORE Salam, il a requis une peine de onze (11) ans d’emprisonnement, dont trois (3) ans fermes, et une amende d’un montant équivalent à celle requise contre l’auteur principal.

Au terme des réquisitions, le tribunal a mis le dossier en délibéré pour rendre sa décision le 6 mars 2026.

Pour mémoire, ce dossier, qui a suscité une vive attention de l’opinion publique, avait été évoqué à l’occasion d’une conférence de presse le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance Ouaga I, Bakouli Blaise BAZIE, annonçant la clôture de l’instruction.

𝐃𝐂𝐑𝐏-𝐌𝐉

OUAGANEWS.NET

Articles similaires

#Burkina/ONG CREDO : 30 ans au service des plus démunis

Ouaganews

Burkina : hausse de l’inflation de 6,1% à fin février 2023

Ouaganews

[Opinion] «Sud Global» : le pouvoir contre l’Occident (Isidoros Karderinis)

Ouaganews

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.