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Alpha Condé : triste fin d’un mégalomane

Comme le dit l’adage populaire, « quand l’âne veut te faire tomber, tu ne vois pas ses oreilles ». Eh bien, le 3e mandat que le président guinéen, Alpha Condé s’est octroyé, en dépit de la désapprobation de son peuple, a finalement eu raison de lui. Comme un chef de gang, il a été déposé par le Groupement des forces spéciales (GPS), une unité surentraînée et bien équipée, dirigée par le lieutenant-colonel, Mamady Doumbouya.

Triste sort pour Alpha Condé qui incarnait l’espoir d’un renouveau démocratique pour la Guinée, de finir de cette façon ?  Arrivé au pouvoir en 2010, au terme d’une parenthèse putschiste chaotique, l’éternel opposant portait les rêves d’une Guinée unie qui allait relever les vrais défis du développement socioéconomique du pays. Mais, que nenni ! Après un second et dernier mandat qui s’achevait en 2020, selon les termes de la Constitution, il décide de s’accrocher au pouvoir. Encouragé par ses thuriféraires, il met en perspective la modification de la constitution dans un contexte de contestation généralisée.

La coalition, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), fait barrage à cette confiscation du pouvoir, en cours d’orchestration. Des centaines de Guinéens tombent sous les balles assassines des sbires de M. Condé. Ceux qui ont eu la chance croupissent encore dans les geôles infectes de la Guinée. Malgré le climat délétère dans le pays et les avertissements, de par le monde, Alpha Condé fonce dans son « entêtement bovin », grisé par les délices du pouvoir. La Constitution est modifiée par référendum.

L’article limitant les mandats présidentiels à deux reste intact. En fin stratège politique, il interprète la modification de la loi fondamentale sous l’angle de la remise à zéro du compteur des mandats présidentiels pour lui. Désigné par son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), candidat à la présidentielle du 18 octobre 2020, il est déclaré vainqueur de l’élection au premier tour avec 59,5% des suffrages, le 7 novembre 2020, dans une ambiance de crispations et de frustrations.  Sourd au mécontentement d’une grande partie du peuple, le régime poursuit sa gestion clanique sur fond de détournements des deniers publics.

De plus en plus, l’octogénaire Alpha Condé devient un problème pour lui-même. C’est dans cette atmosphère de colère sourde que le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya et ses hommes entrent en action, le matin du dimanche 5 septembre 2021. La garde présidentielle ne fait pas le poids devant les tirs nourris du GPS. Triste fin pour un chef d’Etat qui avait incarné pour une certaine génération, l’idéal d’un résistant politique, défenseur des idéaux démocratiques.

A l’exercice du pouvoir, Alpha Condé a déçu plus d’un, tant il aura gouverné la Guinée avec des relents régionalistes et ethnicistes. L’opposant historique, à l’épreuve du pouvoir, s’est illustré dans une posture de mégalomane imperméable à toute critique. Grisé par la jouissance des privilèges que lui conférait le fauteuil présidentiel, Alpha Condé s’est illustré  en parfait fossoyeur des valeurs démocratiques. Assourdi par les clameurs de ses partisans qui défendaient leurs intérêts égoïstes, il s’est isolé, au point de perdre de vue les vraies préoccupations du peuple.

Triste et pathétique fin pour un homme qui aura connu la prison et risqué sa vie pour la défense des idéaux démocratiques. Que laisse-t-il à la Guinée comme héritage, après onze ans passés au palais de Sékoutoureya ? Un pays divisé entre ses fils qui devront apprendre à se regarder en frères et sœurs pour qu’advienne une éclaircie dans ce ciel assombri.

Un pays qui vit au rythme des coupures de courant et du renchérissement de la vie. Un pays où des centaines de jeunes sont en prison pour avoir osé dire non à l’octogénaire assoiffé de pouvoir. Ce qui arrive à Alpha Condé devrait inspirer certains chefs d’Etat sur le continent qui continuent à croire que, sans eux, leurs pays disparaîtraient. Oubliant qu’une dynamique de changement dans la gouvernance est enclenchée et s’enracine inexorablement, dans le quotidien des peuples.

La Rédaction/Ouaganews

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