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33e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara : sa veuve attend toujours que justice lui soit rendue

A l’occasion du 33e anniversaire de l’assassinat du président Thomas Sankara, sa veuve Mariam Sankara a livré un message dans lequel elle dit attendre toujours que justice soit rendue à l’illustre disparu et à ses 12 compagnons.

Nous commémorons cette année, le 33e anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara et de ses compagnons.

La date du 15 octobre 1987 réveille toujours des souvenirs douloureux, à savoir l’assassinat du Président Thomas Sankara et ses 12 compagnons et par la même occasion, l’arrêt de la Révolution démocratique et populaire.

Au regard des faits de mémoire que nous observons au Burkina, en Afrique et ailleurs, on se rend compte encore, 33 ans après, de la pertinence de la pensée du Président Thomas Sankara et des actions posées par la Révolution démocratique et populaire.

Par exemple, la prise en compte de ses idées par les Nations unies à travers les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement) puis les ODD (objectifs de développement durable), l’exigence grandissante, de la prise en compte des valeurs humaines dans les problématiques de la gouvernance et du développement, valeurs qui étaient le fondement de sa politique et, l’intérêt de se prendre en charge individuellement et collectivement…

A travers ses idées et les actions posées par la Révolution démocratique et populaire, Thomas Sankara est devenu une référence pour beaucoup. C’est l’occasion de saluer l’hommage qui lui est rendu par le Burkina, en donnant son nom à une importante université, Université Ouaga 2, désormais Université Thomas Sankara.

La commémoration du 15 octobre, cette année, se fait dans un contexte caractérisé par la pandémie de la COVID-19 qui tend à se prolonger. Nous devons toujours observer les mesures barrières et respecter les consignes données par les autorités. Outre la pandémie de la COVID-19, cette période est marquée par le terrorisme qui ne cesse de se répandre dans notre pays et en Afrique de l’Ouest, en général. Je déplore les attaques incessantes, manifeste ma compassion aux familles éplorées et adresse mes encouragements et mon soutien aux forces de défense et de sécurité qui ne ménagent aucun effort pour faire face à cette guerre asymétrique qui nous est imposée et assure ma solidarité au peuple burkinabè.

Il s’agit de retrouver la paix, la sécurité et la sérénité dont nous avons plus que jamais besoin en cette veille des échéances électorales présidentielle et législatives, pour exprimer nos choix et nos attentes à ceux qui veulent dignement nous représenter. La démocratie et le développement ne peuvent véritablement se déployer dans un climat de terreur. Ces élections me donnent l’occasion de féliciter les femmes qui se sont portées candidates à l’élection présidentielle. Ceci témoigne de la volonté de nos sœurs de jouer un rôle de premier plan dans l’échiquier politique de notre pays.

Cela dit, comme vous le savez, la justice concernant l’assassinat du Président Thomas Sankara est réclamée, depuis plus de vingt ans, par sa famille avec le soutien de la société civile que nous tenons à remercier ici. A la suite de l’insurrection populaire du 31 octobre 2014 qui a chassé du pouvoir Blaise Compaoré, les autorités de la transition ont remis à jour le dossier sur l’assassinat du Président Thomas Sankara. Depuis quelques temps, l’opinion publique s’interroge sur l’état d’avancement de ce dossier.

Je puis dire qu’à l’heure qu’il est, la procédure judiciaire suit son cours. Des inculpés sont aux arrêts. Des enquêtes ont été menées sur l’identification des corps. Après la levée du secret défense sur ce dossier par le gouvernement français, nombre d’informations ont été traitées.

Nous souhaitons maintenant que la justice, tant attendue depuis des années, soit enfin rendue au Président Thomas Sankara, ses compagnons et à tous les dossiers emblématiques, afin que les Burkinabè puissent se réconcilier pour contribuer à la cohésion sociale.

J’émets encore une fois le vœu que le procès proprement dit intervienne dans les meilleurs délais même si les procédures judiciaires requièrent un certain temps.

Enfin, nous avons toujours besoin de votre soutien et de votre détermination afin que justice soit rendue au Président Thomas Sankara et à ses compagnons.

La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Je vous remercie.

 Fait à Montpellier, le 15 octobre 2020

Mariam Sankara

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