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Burkina/61e anniversaire de l’indépendance : le miroir de la triste réalité

Ce jeudi 5 août 2021, le Burkina Faso célèbre le 61e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale. Ce jubilé de platine, disons-le, nous renvoie aujourd’hui l’image d’un pays qui a mal à son intégrité territoriale. Le miroir d’un pays où un 1 312 000 Burkinabè sont désormais appelés Personnes déplacées internes (PDI).

Depuis quelques années, ces Burkinabè sont exilés sur leur propre terre. Ils ont abandonné des rêves, des réalisations acquises au prix de mille et un efforts derrière eux pour trouver refuge dans des camps de fortune. Sur leur propre terre, des Burkinabè qui gagnaient dignement et paisiblement leur vie dans leurs villages respectifs sont livrés à la compassion mondiale. Oui, à cause du péril sécuritaire, des villages entiers du Burkina se sont vidés de leurs âmes.

A cause de l’obscurantisme des imposteurs qui ont la lâche prétention d’agir selon la volonté de Dieu, le pays des Hommes intègres abrite certains de ses filles et fils sous des tentes de fortune.  C’est la triste et désolante réalité de notre pays que nous renvoie le miroir, à l’occasion du 61e anniversaire de la proclamation de l’indépendance.

L’hydre terroriste a sapé la quiétude d’antan et chamboulé nos vies.  En ce jour 5 août 2021, où la nation est partagée entre introspection et célébration de la victoire de notre compatriote, l’athlète Hugues Fabrice Zango, médaillé de bronze au triple saut aux Jeux Olympiques de Tokyo au Japon, les forces du mal se sont invités de la pire des manières en tuant une trentaine de personnes civiles et militaires dans la région du Sahel.

Depuis six ans maintenant, les terroristes sèment la tristesse et la désolation dans notre pays, jadis havre de paix et de tranquillité. Cette halte offre à chacun de nous l’occasion de nous interroger sur le chemin parcouru pour en arriver là. Cette triste parenthèse ouverte dans notre pays et chez nos voisins maliens et nigériens nous interpelle tous sur nos responsabilités individuelles et collectives.

Face au péril qui nous guette, nous avons le devoir de sortir de notre torpeur pour porter le rêve d’une nation digne résolument tournée vers la construction de son présent et de son futur. Nous devons avoir la lucidité de reconnaître que nous avons failli à divers niveaux. Le Burkina Faso aurait mieux mérité que cette image de pays en danger permanent. Notre véritable indépendance n’aura de sens que lorsque chaque Burkinabè s’évertuera à donner le bon exemple où qu’il soit.

Aujourd’hui, nous sommes unanimes à saluer l’exploit de notre compatriote Hugues Fabrice Zango aux JO. Mériterait-il la reconnaissance de toute une nation, s’il n’avait pas consenti des sacrifices et cru en ses rêves ? Figurerait-il au palmarès s’il avait passé son temps à se complaindre et à accuser autrui d’être l’obstacle à son rêve de grand athlète ? Non ! La victoire de notre compatriote invite chacun à s’inscrire dans la dynamique de croire en ce que nous faisons et d’agir en toute responsabilité.

L’exploit de Hugues Fabrice Zango est une leçon pour nous tous que le mérite s’obtient aux prix de l’effort et non de la paresse et de la complaisance. Si nous sommes solidaires de nos frères exilés sur leur propre terre, citoyen lambda comme leader et responsable politique, nous devons sortir de l’autosatisfaction des petits efforts pour voir grand. Voir grand, c’est penser avec force conviction que nous avons un devoir de participer chacun, dans son domaine d’activité, à faire honneur au pays en servant l’intérêt général.

Répéter à cor et à cri les citations de Thomas Sankara et de Norbert Zongo ne sauvera pas le Burkina du péril terroriste et du pillage de ses maigres ressources qui doivent servir à préparer l’avenir pour les futures générations. Une chose : on ne sortira pas de l’ornière à coup de jérémiades et d’invectives à l’encontre d’un ennemi qu’on accuse de toutes nos incuries.

La Rédaction/Ouaganews

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