OUAGANEWS
A la Une Editorial

Burkina/Coupure d’Internet mobile : une décision qui dessert le gouvernement

S’appuyant sur des raisons de défense nationale et de sécurité publique, conformément aux articles 44 aux 46 de la loi N°061-2008 AN du 28 novembre 2008 relatifs « à la qualité des réseaux et services… », le gouvernement a suspendu l’Internet mobile, depuis le samedi 20 novembre 2021, pour 96 h.

Le rétablissement de l’Internet mobile qui devait intervenir le mercredi 24 novembre 2021, à 20 h, n’a pas été effectif. La suspension de l’Internet mobile vient d’être prorogée de 96 h encore. Au grand dam des internautes et des entreprises qui ont bâti l’essentiel de leurs activités sur les TIC.

L’on sait que la situation nationale est très tendue ces derniers temps, avec l’attaque terroriste contre le détachement de la gendarmerie nationale à Inata et le blocage d’un convoi militaire français en transit au Burkina pour le Mali.

Dans ce contexte de confusion généralisée où toutes sortes de messages alarmistes circulent sur les réseaux sociaux, plongeant du coup, les populations dans la psychose, les autorités ont cru bon de sévir, en coupant l’Internet mobile. Même si la décision peut se justifier dans une relative mesure, elle ne saurait s’étendre sur une longue période.

Aujourd’hui, de nombreux médias en ligne sont paralysés et des commerces sont au ralenti ou ont simplement suspendu leurs services, à cause de la coupure de l’Internet mobile. La liberté d’expression consacrée par la Constitution burkinabè se trouve littéralement torpillée par cette suspension de l’internet.

Les agissements de certains internautes sont à condamner fermement, au regard de l’intoxication qu’ils injectent sur la place publique. Mais, un moyen beaucoup mieux pensé pouvait être mis en place pour les traquer, au lieu de priver toute une communauté d’internautes du droit de s’exprimer. Le gouvernement doit impérativement revoir sa copie, dans la mesure où les gens disposent d’astuces pour contourner cette censure.

Les dégâts causés par cette suspension sont plus désastreux que ce que l’on tente d’éviter.  En tous les cas, la loi permet d’interpeller les internautes qui se laissent à des attitudes peu recommandables.

Il serait judicieux pour les autorités de communiquer dans le sens de l’apaisement du climat tendu ces temps-ci, à cause de la gestion de la crise sécuritaire que de vouloir empêcher les gens de s’exprimer. Quoi que l’on puisse reprocher à l’usage qui est fait par certains des réseaux sociaux, il est un fait indéniable qu’ils sont désormais imbriqués dans notre quotidien, au point que leur privation risque de créer d’autres problèmes.

Dans cette période si critique où foisonnent toutes les formes d’opportunisme, le gouvernement serait bien inspiré en revoyant objectivement sa communication pour mieux rassurer le peuple.  Les autorités ont toutes les cartes pour reprendre en main cette situation délétère plutôt que de vouloir tomber dans une fébrilité improductive.

Si la suspension de l’Internet mobile se poursuit, elle risque fort malheureusement, d’exacerber la colère des populations et se retourner contre le gouvernement. Le gouvernement doit rassurer au lieu de réprimer. C’est à lui que revient la responsabilité de préserver le pays de tous les dangers qui le guettent. En prenant bien sûr, des décisions sagement mûries.

Ouaganews

Articles similaires

Fête du travail : les syndicats demandent la révision de la convention du rail avec Bolloré et un audit de la SONABHY et de la SONABEL

Ouaganews

Journée mondiale de la liberté de la presse : le message du ministre Ousséni Tamboura

Ouaganews

Elections présidentielle et législatives : un mouvement s’engage pour un scrutin apaisé

Ouaganews

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.