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Burkina/Vie des partis : le MPP, l’ombre de lui-même

L’on pourrait aisément, se poser cette question, au regard de la saignée qui secoue l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès, depuis un certain temps : à quoi tenait réellement ce parti qui faisait la pluie et le beau temps, jusqu’à un certain 24 janvier 2022 ? Depuis la chute du régime de l’ex-président, Roch Marc Christian Kaboré, l’ex-parti au pouvoir ne se porte plus bien.

Quelques jours après avoir perdu le pouvoir, des militants, non des moindres se sont empressés de quitter le navire MPP pour créer le 2 avril 2022, le Parti panafricain pour le salut (PPS). Les démissions ont suivi jusqu’à ce que d’autres ténors du MPP, qui occupaient des postes-clés dans le bureau exécutif national, annoncent aussi leur départ.

Parmi les derniers démissionnaires, l’on peut citer l’ex-chef de la diplomatie burkinabè, Alpha Barry, l’ex-ministre en charge de l’énergie, Bachir Ismaël Ouédraogo, l’ex-député Lassina Ouattara et bien d’autres figures non moins emblématiques. En clair, le parti de Roch Kaboré se vide littéralement de ses piliers qui faisaient son ossature. A ce jour, ils sont 116 militants du parti qui ont décidé de s’en aller.

L’on se demande comment le MPP, dans sa posture actuelle, pourra se redresser pour les futures batailles électorales. Créé en 2014, le MPP avait fait l’exploit en s’imposant comme le premier parti sur l’échiquier politique burkinabè et en portant Roch Marc Christian Kaboré au pouvoir en 2015.

Ce même parti, avec l’appui de ses alliés, avait également permis au président d’avoir un second mandat à la tête du pays, en novembre 2020, en dépit d’une situation sécuritaire qui s’est gravement dégradée sous le premier quinquennat. La perte du pouvoir par le parti a révélé au grand jour, les lézardes qui couvaient dans le tout-puissant MPP. A quoi fallait-il s’attendre, après qu’il ne reste plus rien à lorgner ?

Ces démissions par vagues, illustrent à souhait cet aphorisme qui stipule que les intérêts guident les motivations des hommes.  Le MPP n’étant plus en mesure de rassurer quant aux échéances futures, il est à tout fait logique de scruter d’autres horizons à même d’offrir des perspectives meilleures.

Ce qui arrive au MPP est le lot commun de tous les partis qui perdent le pouvoir, sous les tropiques. Comme à un jeu de course hippique, l’on mise sur le cheval gagnant. Aujourd’hui, le cheval qui faisait gagner le MPP, ayant perdu de sa force, il faut naturellement, reporter ses pronostics sur d’autres chevaux.

Les secousses des démissions qui vrillent le MPP, montrent également que les partis politiques sont de simples conglomérats d’intérêts épars. Lorsque souffle un vent contraire, chacun se retire dans sa coquille égoïste.

Ce serait une aberration que de penser que la grandeur d’un parti politique réside dans les valeurs et l’idéologie qu’il prône. Il y a longtemps que les vertus ont été charriées par la spirale des avantages tout faits, dans notre savane. Les convictions ne pèsent plus dans la balance de l’engagement politique.

Le MPP se vide parce que son charme s’est évaporé, depuis que le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, a ravi le pouvoir à Roch Kaboré. Le président du parti, l’ex-président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, saura-t-il contenir cette saignée, en proposant une alternative plus rassurante à ceux qui hésitent encore ? Pas si sûr !

Ahmadou Bayala/OuagaNews

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