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Crise à la CENI : Roch Kaboré sauve les meubles

La crise née de la récusation par le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) du représentant de la chefferie coutumière, en la personne de Bonaventure Ouédraogo, à la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au motif qu’il a battu campagne pour le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) vient de connaître une issue heureuse, pourrait-on dire.

Afin d’éviter un enlisement de la crise à la commission électorale, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris l’initiative de rencontrer le Mogho Naba Baongo pour trouver un compromis.

A la suite de son intervention auprès de la chefferie coutumière, la décision a été prise de retirer le nom de Bonaventure Ouédraogo de la liste des futurs commissaires de la CENI. « Au regard du rôle de la CENI dans le renforcement de la démocratie dans notre pays, j’ai pris la responsabilité de demander à rencontrer sa Majesté le Mogho Naaba Baongo pour échanger avec lui sur cette question, afin qu’ensemble nous puissions trouver une solution apaisée à la situation qui prévaut »,a déclaré le chef de l’Etat après son entrevue, ce jeudi 29 juillet 2021, avec le chef de file de l’opposition politique, Eddie Komboïgo et le président de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), Simon Compaoré.

Ainsi, les meubles ont été sauvés puisque les nouveaux commissaires de la CENI ont prêté serment devant le Conseil constitutionnel, ce 29 juillet 2021. L’élection du président de la commission électorale est intervenue dans la même journée. S’il faut saluer l’initiative salutaire du chef de l’Etat d’éviter une paralysie de la CENI, la question de sa réforme demeure. Oui, il faut que l’institution électorale subisse une refonte dans son format actuel afin d’aplanir pour toujours les sempiternelles incompréhensions qui l’ont toujours entourée.

Avec l’expérience capitalisée en termes d’organisation d’élections, le pays est suffisamment doté de compétences électorales pour que l’on mette en place un organe purement professionnel, affranchi de l’emprise des partis politiques et de la société civile.  Pour un fonctionnement sans l’ombre de suspicions, c’est ce type de commission électorale fonctionnant avec des experts électoraux qu’il convient de mettre en place, l0es années à venir.

Une administration électorale fonctionnant en toute indépendance serait l’idéal pour mettre fin à ces bagarres cycliques de politiques. Sinon tant que l’on va continuer avec le même attelage, il va de soi que la suspicion et l’opportunisme politique seront exploités par les uns et les autres. Sur la même lancée, les autorités gagneraient à se pencher sur le statut de la chefferie traditionnelle. De par leur posture d’autorités morales, l’engagement politique des chefs coutumiers a toujours fait débat au Burkina Faso.

C’est d’ailleurs sur ce point relatif au militantisme politique du représentant de la chefferie traditionnelle que l’opposition a fondé sa récusation. La nécessité d’ouvrir un débat franc sur la place et le rôle des chefs coutumiers dans l’arène politique s’impose pour qu’on en finisse avec ces querelles inutiles.

Ahmadou Bayala/Ouaganews

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