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Elections présidentielle et législatives 2020 : se tiendront-elles ou pas ?

2020 est une année électorale au Burkina Faso. En effet, c’est le 22 novembre de cette année, que les Burkinabè sont invités à élire et le Président du Faso et les députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale. Mais la question que beaucoup de gens se posent, c’est incontestablement celle-ci : « Est-ce que ces élections présidentielle et législatives se tiendront à bonne date ? ». Pour bon nombre de citoyens, il ne fait aucun doute qu’elles se tiendront à la date prévue. Mais pour d’autres, le doute est permis : « la date du 22 novembre 2020 sera bel et bien au rendez-vous, mais pas les élections ! ». Du point de vue argumentaire, les deux positions se défendent.

Pour les adeptes de la tenue des élections à bonne date, c’est d’abord un devoir et une exigence constitutionnels qui imposent le respect strict du rendez-vous du 22 novembre 2020. C’est ensuite, un vœu qui découle d’une analyse optimiste de la situation que vit le Burkina Faso. C’est enfin, un acte de foi, d’espoir et d’espérance que demain, cette situation sera meilleure que celle que nous vivons aujourd’hui. Espoir en un contexte sécuritaire mieux maîtrisé, espérance d’un Burkina Faso débarrassé des horreurs de la pandémie de la Covid-19, et foi en un Faso réconcilié avec lui-même, dans le sacré esprit du vivre ensemble. Bref, pour eux, le Burkina Faso se portera mieux, d’ici au 22 novembre 2020 et après. Et comme on aime à le dire, l’espoir fait vivre ! C’est donc le lieu ici, de saluer et d’encourager leur optimisme à odeur politique.

Pour ceux qui soutiennent et parient que ces élections ne se tiendront pas à bonne date, leur argumentaire se fonde sur les mêmes éléments, mais en sens contraire. En effet, prenant le contre-pied des arguments avancés par les adeptes de la tenue des élections à bonne date, ils prédisent un Burkina Faso croulant sous le poids des maux qui l’assaillent de toute part : insécurité galopante avec son cortège de victimes et de personnes déplacées internes, contexte social de mal en pis, gestion approximative de la Covid-19, multiples difficultés d’enrôlement des citoyens pour consolider la liste électorale, difficile équation de la réconciliation nationale, crise humanitaire… Bref, selon eux, les problèmes du Burkina Faso, sont tels que les élections présidentielle et législatives ne constituent pas aujourd’hui la priorité des priorités. Par conséquent, ils militent pour le report du calendrier électoral.

Sur la question, l’Opposition non affiliée (ONA) elle, rejette toute idée d’organiser des élections au Burkina Faso, dans le non-respect de l’intégrité territoriale nationale. Selon son coordonnateur, Pr Abdoulaye Soma, « cette opposition ne souhaite pas la tenue des élections amputant une partie du territoire et de la population burkinabè, contrairement à la Constitution et à l’indivisibilité de la République ». Pour l’ONA, quand on sait que certaines zones du pays, notamment le Nord, l’Est et le Centre-Nord sont aujourd’hui, quasiment aux mains de groupes terroristes, « organiser des élections sans l’ensemble du pays et l’ensemble des Burkinabè en âge de voter, est contraire à la Constitution ». Equation donc difficile à résoudre, surtout que l’ONA (ce nouveau bloc de partis politiques) est formelle sur cet autre point, que « le mandat de l’actuel président ne peut, en aucun cas, être prolongé ». Mais dans ce cas de figure, la chose politique est telle « qu’un mécanisme consensuel de gouvernance transitoire » n’est pas à exclure. Soit ! Mais gageons qu’on n’en arrivera pas à cette situation inconfortable pour le Burkina Faso.

Dans l’esprit de la tenue des élections

Epousant l’idée selon laquelle les élections présidentielle et législatives se tiendront à bonne date, c’est-à-dire le 22 novembre 2020, les partis politiques (aussi bien de la Majorité que de l’Opposition) sont en état d’alerte. Dans les différentes officines, les états-majors sonnent le rassemblement des militants. Pendant ce temps, les idéologues s’activent à la rédaction des programmes des candidats. Tout semble mis en œuvre pour répondre présent au rendez-vous de novembre 2020, conformément au consensus dégagé, lors du Dialogue politique de juillet 2019.

Du côté du gouvernement, l’on rassure également que le calendrier électoral sera respecté : la présidentielle et les législatives en 2020, et les municipales en 2021. Ce qui vient battre en brèche les rumeurs qui circulaient sur les réseaux sociaux et selon lesquelles la présidentielle de 2020 pourrait être reportée, à cause de la situation sécuritaire et autres. Dans l’optique donc de la bonne tenue de ces élections, les préparatifs vont bon train.

Sur ce plan, la Troïka des Partenaires techniques et financiers (PTF) que le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a rencontrée le 2 mars 2020, s’est engagée à accompagner le processus, aussi bien financièrement, matériellement que techniquement. Le souhait de ces PTF, voir le Burkina Faso réussir ses élections dans la transparence, l’inclusion, la paix et dans les délais légaux.

Du côté de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ce n’est pas non plus le repos. En effet, après avoir balisé le terrain avec les acteurs politiques, dans la perspective des élections de 2020 et de 2021 (municipales), elle a entamé le processus d’enrôlement biométrique des potentiels électeurs et électrices, avec l’objectif initial d’environ quatre millions et demi à atteindre. Mais suite à l’avènement de la Covid-19 au Burkina Faso, et au regard des risques de sa propagation au sein des communautés, l’opération a été suspendue pour n’être reprise que le 8 mai 2020.

Outre le budget de l’Etat pour accompagner l’action de la CENI, celle-ci a bénéficié d’appuis de partenaires et pays amis du Burkina. A titre illustratif, la structure a obtenu de la Turquie, près de 120 millions de FCFA pour mener à bien le processus électoral.

Dès lors et comme il fallait s’y attendre, les appels se multiplient, invitant les citoyens à se faire enrôler massivement. Parmi ces appels, ceux de partis politiques et d’organisations de la société civile retiennent l’attention. Ainsi, pour le chef de file de l’Opposition politique, Zéphirin Diabré, « le CFOP invite l’ensemble des Burkinabè qui auront 18 ans ou plus à la date du 22 novembre 2020 et ne possédant pas de cartes d’électeur, de même que ceux qui ont perdu leurs cartes d’électeur, à se faire enrôler sur le fichier électoral… Le vote est un acte citoyen. C’est surtout un moyen pour tout patriote de choisir des dirigeants qu’il estime plus aptes à diriger le Burkina Faso… Enrôlons-nous et faisons enrôler nos proches sur le fichier électoral ! »
Pour le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), « Désormais, nous savons ce qu’il faut faire, où et à quel moment le faire pour assurer une victoire au parti, aux prochaines élections ».
Le président de la Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL), Me Halidou Ouédraogo, a lui aussi joint sa voix à ces appels, en ces termes : « Ne ratons pas le démarrage du train ; faisons-nous enrôler… Les élections doivent avoir lieu pour l’approfondissement de notre démocratie… L’observation des élections de 2020 va coûter à la CODEL, 700 millions de francs CFA».

Ce que nous croyons !

Sur la question de la tenue ou non des élections de novembre 2020, à bonne date, et comme on le constate, les avis sont partagés. Certains sont optimistes, d’autres, pessimistes. De nature optimiste, nous osons croire qu’elles se tiendront à la date prévue.  Et pour ce faire, nous devons nous battre pour qu’elles aient lieu, sinon, comme dirait Pasteur Claver Yaméogo dans lefaso.net du lundi 9 septembre 2019, « c’est comme si nous donnons la victoire aux terroristes. Or, c’est ce qu’ils veulent. S’il n’y a pas d’élections, on va se retrouver dans un problème qui est qu’à l’échéance du mandat, le gouvernement est illégitime.
Ce qui va créer d’autres soucis. Toutes les attaques qui se passent le sont pour fragiliser le gouvernement. C’est cela qu’il faut retenir. Donc, nous devons leur montrer que, même s’ils sont en train de semer la terreur, nous pouvons nous organiser et tenir nos élections, amener un gouvernement dont le peuple aura fait le choix. Nous devons travailler ensemble, main dans la main, pour que nous ayons des élections libres et apaisées ». Puisse donc d’ici à là, la situation s’améliorer, pour ne pas briser le rêve des Burkinabè.
Sita TARBAGDO

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