OUAGANEWS
A la UneParlons-en

Que va chercher la CEDEAO en Guinée ?

Après avoir suspendu la Guinée de ses instances, à l’issue d’un sommet extraordinaire tenu par vidéoconférence, le mercredi 8 septembre 2021, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé d’envoyer une mission à Conakry, ce vendredi 10 septembre 2021.

Composée des ministres des Affaires étrangères du Ghana, du Togo, du Burkina Faso et du Nigeria et du président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, la mission devrait demander la libération du président déchu Alpha Condé et des autres détenus. Comme d’habitude, c’est après que le mal a été fait que l’institution régionale se découvre des réflexes pour appeler au respect de l’ordre constitutionnel et des principes démocratiques.

Pendant que les chefs d’Etat fomentent toutes sortes d’arguments fallacieux pour justifier les modifications des Constitutions, afin d’assouvir leur boulimie du pouvoir, la CEDEAO se claquemure dans un mutisme surprenant. Mais dès que des militaires entrent en scène pour déposer un chef d’Etat qui a torpillé la loi fondamentale pour se maintenir à la tête de son pays, on s’empresse de condamner le coup de force avec la dernière énergie.

Autant il faut fustiger les putschs, autant il faudrait condamner les coups d’Etat constitutionnels. C’est à la limite pathétique de vouloir défendre des causes qui laissent à désirer. Si Alpha Condé n’avait pas fait la sourde oreille pour s’octroyer un 3e mandat, tout le monde serait unanime à condamner le coup de force de Mamady Doumbouya et ses hommes en Guinée.

La CEDEAO doit savoir que les modifications intentionnelles des Constitutions sont porteuses de germes qui finissent par donner des coups d’Etat. Si l’organisme sous-régional avait été ferme avec le président Condé, à l’époque où il voulait changer la Constitution, l’on n’en serait pas à cette situation.

Il est temps de mettre fin à la politique du deux poids deux mesures pour que le respect des principes démocratiques s’inscrive définitivement dans l’esprit de chacun. Tant que des dirigeants, parce qu’ils sont tout-puissants, voudront se jouer de leurs peuples, tôt ou tard, il se trouvera des révoltés qui prendront leurs responsabilités. Cette mission de la CEDEAO en Guinée va meubler les colonnes des journaux sans apporter grand-chose.

Il faut combattre ces pathologies de la démocratie que sont les 3e mandats et la mauvaise gouvernance pour que l’Afrique sorte de ce cercle vicieux. Au-delà du mandat de trop, Alpha Condé n’a pas dirigé la Guinée dans un esprit rassembleur et de défense de l’intérêt général.

Il s’est entouré de partisans flatteurs, soucieux de piller les ressources du pays, au lieu de travailler au bien-être de tout le peuple de Guinée. Le clientélisme, la corruption et le manque du sens de l’écoute, conjugués à l’amertume du 3e mandat, ont été le levain qui a mis fin au régime claudiquant de Condé.

Ahmadou Bayala/Ouaganews

Articles similaires

Procès de leaders d’OSC de la marche du 27 novembre : renvoyé au 15 décembre

Ouaganews

Transition au Mali : le rapport des assises nationales remis au président du Faso

Ouaganews

Indice de paix globale 2022 : le Burkina classé 146ème son pire classement, depuis 2018

Ouaganews

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.