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LCB : il faut tout simplement réformer la SONABEL !

La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, dénonce la mauvaise qualité de service de la SONABEL et demande une réforme totale de celle-ci.

La récente sortie des premiers responsables de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) pour tenter d’expliquer les raisons des coupures d’électricité permet à la LCB de saisir la balle au bond pour demander une réforme profonde de la SONABEL. A la LCB, notre conviction est nette sur l’incapacité notoire de la SONABEL à fournir de l’électricité en quantité et en qualité aux consommateurs.

En effet, ce qui se passe avec la SONABEL aujourd’hui, n’est pas une première. C’est une situation connue depuis des dizaines d’années et c’est toujours la même trompette qu’elle embouche pour justifier son forfait en toute impunité.

Nous sommes à une période de forte chaleur. Il est donc normal que le consommateur sollicite les services des producteurs d’énergie dont la SONABEL pour faire face à cette canicule. Malheureusement, chaque année, à la même période, les populations vivent le martyr, du fait des récurrentes coupures d’électricité intempestives et des délestages incontrôlés.

Dès lors, impossible de disposer de façon régulière, de courant ni à domicile, ni au bureau, ni à l’atelier, de garder les aliments au frais, de permettre aux enfants de réviser leurs leçons, de profiter honnêtement de son ventilateur pour se reposer, après une journée de travail, de mener ses propres activités économiques qui pourraient aider à payer la facture d’électricité, d’être à la merci de tout dommage d’appareil et d’assister impuissamment, à la détérioration des produits alimentaires comme le lait, le beurre, la viande, le poisson etc.

Pendant ce temps, les autorités en charge de l’énergie nous gavent d’explications pour tenter de justifier leur incapacité à satisfaire les besoins énergétiques des consommateurs. Or, nul besoin de rappeler, non seulement la cherté du prix du KWH, mais aussi et paradoxalement,  les factures très salées de la SONABEL, malgré les multiples coupures d’électricité.

Une image qui ressemble bien au mythe de Sisyphe, la SONABEL est dans un perpétuel recommencement et vouée à l’échec. Et pour cause, on se rappelle encore que :

  • en 2011, le ministre en charge de l’énergie de l’époque, avait affirmé la fin des délestages en 2012. Et pour faire face au déficit énergétique, nous avons assisté à la location d’un groupe auprès d’une société américaine, APR Energy, à un montant d’environ 25 milliards de francs CFA. A l’époque, la LCB dans une déclaration avait qualifié cette option gouvernementale de discutable. Aujourd’hui, nous sommes encore plus déçus, en ce sens où aucun bilan officiel de cette « mauvaise affaire » n’a été fait au contribuable.
  • En 2017, des travaux de construction de la centrale solaire photovoltaïque de Zagtouli, d’une capacité de 33 Mégawatts-crête (MWc) ont été lancés en grande pompe. A cette occasion, le Président du Faso a annoncé le lancement du plan solaire 2025 dénommé « Yeleen » devant permettre d’installer courant 2018, une centrale solaire de 40 MW à Ouagadougou, 10 MW au total, dans trois (03) villes, d’électrifier 700 nouveaux villages.
  • En 2018, face à la montée de la fronde, la SONABEL a mis en place toute une batterie de communications sur les difficultés qu’elle rencontre. De la conférence de presse à la rencontre avec des OSC en passant par les communiqués, spots et bandes d’annonces, tout a été mis en œuvre pour calmer in fine, les consommateurs.

En 2021, rattrapées par la réalité, les autorités en charge du secteur de l’énergie, se sont vite lancées dans une vague communication qui ne convainc pas du tout, la LCB.

Le directeur général de la SONABEL, lors d’une conférence de presse animée le 1er mai 2021, estime à près de 200 mégawatts de déficit, dû à des événements qu’il qualifie de ponctuels, que connaît la SONABEL, notamment la sécheresse au Ghana et en Côte d’Ivoire, l’instabilité du réseau, notamment au Ghana où l’absence de production d’électricité au Nord du pays, l’arrêt du chantier, pour cause de Covid-19, de la nouvelle centrale de Kossodo qui doit fournir 50 mégawatts et des difficultés techniques de la centrale de location.

Le directeur général conclut, en demandant l’indulgence et la compréhension des consommateurs. Dans le même temps, la SONABEL continue d’appliquer des pénalités de retard de paiement de facture, quand bien même ses services sont de plus en plus en-deçà des attentes des consommateurs.

Elle viole du même coup, ses engagements vis-à-vis des consommateurs. La situation de monopole de fait des sociétés d’Etat ne saurait servir d’alibi pour forcer le consommateur à payer des pénalités de retard. Bien au contraire, elle devrait servir de compensation et de dédommagement aux consommateurs pour contrat mal exécuté.

En outre, le directeur général rassure que la situation est passagère, avec la saison des pluies qui s’annonce. Encore une promesse qui cache mal la nécessité d’une refonte de la SONABEL.

En réalité, ces mesures conjoncturelles entreprises et envisagées pour gérer les périodes de pointe, ne sauraient effectivement réduire véritablement le stress électrique des pauvres consommateurs. La récurrence des coupures intempestives d’électricité à la même période de l’année, démontre clairement le manque d’anticipation de la SONABEL. Les solutions jusque-là apportées à cette difficulté, sont en-deçà des attentes des consommateurs et devraient obliger aujourd’hui, le Gouvernement à repenser les attributions de la nationale d’électricité.

Pour la Ligue des consommateurs du Burkina, l’heure n’est plus aux explications, mais plutôt aux actions concrètes pour en sortir. On ne peut pas continuer à gérer les urgences, au risque de devenir complice de la mauvaise qualité de service fourni aux consommateurs.

Ainsi, la Ligue des consommateurs du Burkina exige ce qui suit :

  • faire la situation précise de sa capacité de transport de la quantité d’électricité disponible et produite, afin de justifier les multiples accords d’interconnexion ;

– diligenter sous le contrôle de l’ASCE-LC, un audit organisationnel et comptable indépendant de la structure, afin de rassurer les consommateurs de l’orthodoxie de la gestion de ladite structure ;

– suspendre purement et simplement, la pénalité de retard, en attendant le rétablissement total d’une situation normale;

– communiquer sur les modalités et conditions de dédommagement des consommateurs qui, du fait des coupures d’électricité et de la variation du courant, ont enregistré des dégâts de toutes sortes ;

– mettre en place une direction véritablement opérationnelle chargée de la réception et du dédommagement des sinistres causés par les variations de courant ;

– communiquer au plus vite, un calendrier de délestages fiable qui connaisse une application, d’abord au niveau de nos autorités, car le sacrifice devra être consenti par tous.

La Ligue des consommateurs du Burkina renouvelle son engagement à défendre les droits des millions de consommateurs au Burkina Faso et interpelle les autorités face à cette situation. Par ailleurs, elle invite les consommateurs à la vigilance, mais surtout à rester mobilisés pour la mise en œuvre d’actions futures, en vue de promouvoir une consommation de qualité au Burkina Faso.

LCB, consommons encore mieux !!!

Dasmané TRAORE

Chevalier de l’Ordre du mérite

 

Ouaganews.net

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