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Les 100 jours de Damiba au pouvoir : mi-figue mi-raisin

Le mercredi 4 mai 2022 a marqué le 100e jour de la prise du pouvoir par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Dans la justification de son coup de force, il avait laissé entendre que c’est la dégradation continue de la situation sécuritaire et l’incapacité du président Roch Marc Christian Kaboré à y faire face qui ont été les raisons fondamentales.

Trois mois dix jours après, que peut-on dire de l’état de la situation sécuritaire ? Même si des efforts sont déployés au quotidien pour enrayer l’hydre terroriste, il y a lieu de reconnaître que la situation n’est guère reluisante, jusque-là. Les groupes terroristes continuent d’écumer des localités du pays, imposant leur diktat aux populations.

Du fait de la menace lancinante qui pèse sur eux chaque jour, des Burkinabè ont vite fait de plier bagages pour regagner d’autres coins plus rassurants, augmentant le nombre des Personnes déplacées internes (PDI). C’est dire que le défi sécuritaire reste tout entier à relever sur ce terrain. Ce qui oblige les nouvelles autorités à se concentrer davantage sur ce challenge.

C’est pourquoi, à l’offensive militaire, le gouvernement a également mis en place les comités locaux de dialogue avec les groupes armés dans la perspective de désamorcer la crise. Ayant fait le constat que bon nombre de ceux qui sèment la désolation depuis sept ans, sont des nationaux, le gouvernement a pris l’engagement de prendre langue avec eux, afin de les ramener dans la république.

Dans sa dernière adresse à la nation en début avril, le chef de l’Etat a aussi donné rendez-vous à ses compatriotes dans cinq mois, pour dresser le bilan à mi-parcours de son action à la tête de l’Etat. Une chose est sûre, c’est un impératif de changer véritablement la donne dans le domaine sécuritaire. Même si les Burkinabè semblent observer les choses avec une certaine retenue, ils attendent que les lignes bougent concrètement sur le terrain de la lutte contre le terrorisme.

Ils souhaitent que les zones sous emprise terroriste soient libérées, afin que les PDI puissent regagner leurs localités respectives. Pour ce qui est de l’autre défi, à savoir la lutte contre la corruption, l’on attend également des résultats. Si des décisions ont été prises dans ce sens, notamment les audits d’institutions, il reste qu’ils doivent être menés dans les règles de l’art. Ils sont nombreux les Burkinabè qui pensent qu’il faille déployer une artillerie lourde contre la corruption qui a pignon sur rue dans notre cher Faso.

La restauration prônée par les autorités passe par un assainissement de la gestion des deniers publics. Il est inconcevable que des individus, sous le prétexte qu’ils occupent des responsabilités, s’adonnent de façon éhontée, à la corruption. La restauration de l’intégrité qui fait l’ADN du Burkinabè passe absolument par une lutte farouche contre cette gangrène qu’est la corruption. A l’appréciation des résultats, il faudra prendre en compte les actions posées dans la lutte contre la corruption.

Au-delà des effets d’annonce, les Burkinabè souhaitent qu’un travail de salubrité publique dans la gestion du bien commun soit mené comme il se doit. Que faut-il dire de la réduction du train de vie de l’Etat promise par le chef de l’Etat ? L’on peut soutenir que le nombre de postes ministériels calés à 25 est déjà un bon signe dans ce domaine.

Il en est de même de l’Assemblée législative de la Transition où l’effectif a été cantonné à 71 sièges. Sur la même lancée, l’interdiction pour les ministres de parrainer des manifestations participe un tant soit peu, à recadrer certains agissements dispendieux. Que dire de la dépolitisation de l’administration publique ?

Depuis quelques temps, l’on assiste à des nominations de nouveaux responsables à la tête des entreprises et institutions étatiques. Ceux qui occupaient des responsabilités, au nom de leur coloration ou de leur accointance politique, sont en train d’être remerciés à chaque conseil des ministres.

Toutefois, il faudrait se garder de faire la promotion de proches, au nom de cette dépolitisation. Dans ce contexte précis, seuls les critères de compétence et de probité devraient prévaloir.

De la qualité des hommes qui vont assumer certaines responsabilités dépendra l’exemplarité dans la lutte contre la corruption. En somme, on pourrait estimer que les 100 jours de Damiba au pouvoir sont  mi-figue mi-raisin. C’est dire qu’il y a encore du chemin pour rassurer les Burkinabè de leur avenir.

La Rédaction/OuagaNews

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