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Mali : la nouvelle loi électorale à polémique

Les divergences entre le Conseil national de la Transition (CNT) et le gouvernement malien sur l’adoption de la nouvelle loi électorale avec 92 amendements semblent avoir occulté le vrai débat. Un rapport de la Mission d’observation des élections au Mali (Modele-Mali), rendu public fait une révélation importante. Selon l’organisme composé d’experts de la société civile, si la nouvelle loi électorale venait à être promulguée par le président malien, le colonel Assimi Goïta, elle autoriserait les autorités de la Transition à se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Il leur suffirait de démissionner quatre mois avant le scrutin. Le hic est que la charte de la Transition interdit au président actuel de se présenter. Au regard de l’évolution des choses, la nouvelle loi électorale et la charte révisée permettraient à Assimi Goïta d’être candidat à la présidentielle. Comme condition, il devra simplement démissionner à quatre mois de la présidence et de l’armée. Si le constat des experts de la Modele-Mali se confirmait, il ne serait pas étonnant d’assister à une probable candidature du colonel Goïta à la présidentielle prochaine.

Comment les questions de fond sur la loi ont pu être occultées pour se focaliser sur les incompréhensions entre le CNT et le gouvernement ? Est-ce une diversion insidieusement orchestrée pour détourner l’opinion de l’esprit même de la nouvelle loi électorale ?  Qu’est-ce qui se trame véritablement sur les bords du fleuve Djoliba ? Difficile de répondre à ces questions, à moins qu’il y ait une volonté manifeste de la classe politique de survoler l’essentiel des préoccupations.

Pendant qu’une bonne partie des partis politiques souhaitent une promulgation de la loi électorale, le comité stratégique du M5-RFP, fer de lance des manifestations qui ont eu raison du régime de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020 et dont est issu le Premier ministre Choguel Maïga, demande au chef de l’Etat de ne pas l’avaliser et suggère même une seconde lecture.

C’est de bonne guerre puisque les amendements de la nouvelle loi électorale amoindrissent la responsabilité du Premier ministre dans la désignation des membres de la future Autorité indépendante de gestion des élections. Cet imbroglio qui s’installe autour de cette loi électorale annonce des jours incertains dans l’espace public malien.

Toutefois, le dernier mot revient au chef de l’Etat, Assimi Goïta, qui devra promulguer ou pas cette nouvelle loi. Saura-t-il mettre en avant l’intérêt général en prenant la décision idéale ? Les prochains jours nous situeront. Cette polémique sur la loi électorale montre qu’entre le CNT et le gouvernement, une certaine rivalité couve et pourrait même exploser.

Elle révèle d’autre part, les prémices des futures batailles politiques au Mali. Mais en attendant, le plus urgent, c’est que cette loi puisse rassurer la CEDEAO, qui a soumis le pays de Modibo Keïta à des sanctions économiques sévères depuis janvier 2022, qu’il y a des efforts en vue d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Ahmadou Bayala/OuagaNews

 

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