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Tchad : un dialogue inclusif s’impose

Le brouillard d’incertitudes qui entoure les circonstances de la mort du président tchadien, Idriss Déby Itno, n’augure pas de lendemains de quiétude pour le pays. Pendant que les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) brandissent leurs menaces, une trentaine de partis de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils appellent un coup d’Etat.

Pour les leaders de l’opposition, le Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le général quatre étoiles, Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, a littéralement confisqué le pouvoir. Ils n’entendent pas laisser les militaires diriger le pays pour une durée de 18 mois et appellent à la mise en place d’une transition civile. Du côté du parti du président Déby, l’on soutient que la mise en place du CMT répond à un impératif de préserver l’intérêt supérieur de la nation.

Au regard de ces différentes positions, l’on voit clairement que l’après-Idriss Déby Itno plonge le Tchad dans un imbroglio politico-militaire aux conséquences insoupçonnées. Quand bien même le président du CMT aurait rassuré que « le Conseil militaire de transition n’est pas là pour confisquer le pouvoir », rien n’indique que l’opposition tchadienne l’ait entendu.

Il apparaît clairement la nécessité d’engager un dialogue inclusif, afin de permettre aux Tchadiens de sauver le pays d’un éventuel chaos. Bien avant la disparition brutale du président Idriss Déby Itno, le pays venait de vivre un scrutin présidentiel qui s’est déroulé dans un climat délétère, avec des intimidations de candidats et des renoncements à la conquête du pouvoir.

La junte a donc l’obligation de donner les gages de bonne foi, afin d’amener tous les acteurs autour d’une table de négociations pour concilier les positions. Ce qui urge actuellement, c’est la préservation de l’intégrité du territoire tchadien.

Dans un contexte d’insécurité sur fond de terrorisme et de rébellion armée, il est de l’intérêt des autorités militaires, des leaders politiques et de la société civile de convenir de la nécessité de ce dialogue inclusif qui permettra de préserver l’essentiel.

Il serait improductif de vouloir exploiter de manière égoïste, le vide que laisse le maréchal-président pour assouvir des intérêts de camp. Si les autorités du CMT et la coalition de l’opposition qui crie au coup d’Etat ne s’inscrivent pas dans une dynamique de dépassement de leurs contradictions pour se parler sincèrement, ils feront simplement la place à un 3e larron, à savoir les rebelles du FACT qui n’hésiteront pas à profiter du désordre.

Le Tchad n’a pas besoin de s’enliser dans une crise interne qui risque de se déteindre négativement sur la situation sécuritaire au Sahel. D’ailleurs, les conséquences de la disparition du président en exercice du G5-Sahel se font déjà sentir, avec le retrait des troupes tchadiennes de la zone des trois frontières, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Il appartient aux Tchadiens d’appréhender l’après-Idriss Déby Itno avec pondération et responsabilité, pour écrire une nouvelle page pour le Tchad.

Ahmadou Bayala

Ouaganews.net

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