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Burkina : « la situation sécuritaire traduit l’incapacité du régime à assurer la protection des Burkinabè » CFOP

Nous vous proposons une déclaration du Chef de file de l’opposition politique du Burkina (CFOP-BF), Eddie Komboïgo sur la situation sécuritaire qu’il trouve dégradante, suscitant indignation et colère, exprimées çà et là, par des Burkinabè de plus en plus nombreux. Lisez plutôt.

Le lundi 04 octobre 2021, aux environs de 05 h du matin, des groupes armés ont fait irruption dans la commune de Barsalgho, province du Sanmatenga, région du Centre-Nord. Ils y ont attaqué le détachement militaire de Yirgou. Encore une fois, le bilan est désastreux.  Selon les sources officielles, 14 soldats ont été tués, 07 autres blessés, des véhicules et armes emportés, des matériels incendiés.

L’opposition politique, en sa session du 5 octobre 2021, condamne cette énième attaque. Elle présente, en ces moments douloureux, ses profondes condoléances à toute la nation, en général et aux familles des victimes, en particulier. Elle souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Nonobstant le réaménagement du gouvernement, suite aux manifestations de l’opposition politique les 03 et 04 juillet 2021, la situation sécuritaire du pays ne cesse de se dégrader, suscitant indignation, colère et révolte exprimées çà et là, par des Burkinabè de plus en plus nombreux.

Les attaques du détachement militaire de Yirgou, de celui à la frontière avec le Niger, ainsi que celui de Koutougou, ayant coûté la vie à 24 militaires, sonnent comme un échec programmé de la prétendue réforme ou réorganisation du système sécuritaire annoncée en grande pompe par le ministre de la défense et le tout nouveau ministre de la sécurité.

Elles traduisent l’incapacité du régime à assurer la protection des Burkinabè, conformément à la Constitution. En effet, comment de telles attaques peuvent encore survenir, alors que lesdits ministres ont rassuré le peuple des changements qui interviendraient dans la stratégie de lutte contre le terrorisme, notamment sur « les systèmes d’information, la logistique et les « conditions de vie des Forces de défense et de sécurité (FDS) » ? Il est évident que le pouvoir du Président Roch Marc Christian Kaboré ne tire pas les leçons des attaques antérieures.

Pour preuve, quatorze (14) provinces du pays vivent toujours sous l’état d’urgence. Des zones entières du territoire national sont de plus en plus sous l’emprise des groupes armés. Ils envahissent stratégiquement des pans entiers du pays où les paisibles populations sont livrées à elles-mêmes, à la merci de ces « envahisseurs » barbares sans foi ni loi qui pillent et tuent en toute quiétude.

Au nombre croissant des Personnes déplacées internes (PDI), s’ajoute une absence de vision programmatique du gouvernement en vue de leur retour dans leurs localités d’origine. Face à la situation sécuritaire qui se détériore de plus en plus et contrairement au pouvoir en place qui crie à tout vent à l’unité nationale face au terrorisme, l’opposition politique estime qu’il est plus que jamais temps, voire urgent de situer les responsabilités.

L’opposition politique n’a eu de cesse d’interpeller le pouvoir du Président Roch Marc Christian Kaboré sur la prise de décisions fortes et concrètes, en vue d’assurer la sécurité des populations burkinabè.

En lieu et place de véritables mesures et actions salvatrices dont le peuple est en droit d’attendre, l’on assiste plutôt aux jeux sempiternels de chaises musicales au sein du pouvoir exécutif. L’opposition politique refuse et refusera d’accompagner le pouvoir dans cette farce.  Au regard de ce qui précède, l’opposition politique appelle le Président du Faso :

– à respecter son serment de chef de l’Etat, chef suprême des armées ;

– à tenir ses propres engagements sur l’amélioration des conditions de vie et de travail des FDS et des VDP ;

– à prendre conséquemment, en charge les blessés des différentes attaques et les familles des défunts ;

– à travailler à aider véritablement les Personnes déplacées internes (PDI). Par ailleurs, l’opposition politique suit avec une attention particulière le dossier judicaire relatif au trafic illégal de carburant qui serait destiné aux terroristes et qui a déjà connu l’interpellation de soixante-douze (72) personnes, notamment des commerçants et la garde à vue de fonctionnaire des douanes.  L’opposition politique invite le pouvoir judiciaire à faire preuve de diligence pour faire toute la lumière sur cette affaire dans les plus brefs délais et de sévir, au besoin, à la hauteur du forfait commis.  Tout en réaffirmant son attachement à la préservation de la paix et de la cohésion sociales, l’opposition politique invite ses militants et sympathisants à rester mobilisés et à se tenir prêts, en vue d’exiger du gouvernement des décisions plus sérieuses pour le respect du droit du peuple à la sécurité, ainsi que des mesures fortes pour renforcer les capacités opérationnelles des FDS.

QUE DIEU BENISSE LE BURKINA FASO !

Ouagadougou, le 06 octobre 2021

Le Chef de file de l’opposition politique

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