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Burkina : les politiques reprennent du service

Depuis quelques jours, les partis politiques, qui semblaient en hibernation depuis l’avènement du MPSR au pouvoir le 24 janvier 2022, sont en train de reprendre du service. A travers des conférences de presse, des leaders politiques s’expriment sur la situation nationale avec en ligne de mire, la question sécuritaire préoccupante et la cherté de la vie qui pèse lourdement sur le quotidien des populations.

Des responsables de partis politiques ont trouvé la lumineuse idée de dépasser leur égo pour unir leurs efforts, afin de changer la donne politique au pays des Hommes intègres. Certains ont décidé de renouer le contact avec d’autres leaders politiques, en vue de former, au moment opportun, des alliances.

Il est heureux de voir que l’animation de la vie politique reprend de plus belle, ce qui est à saluer, au plan démocratique. Quel que soit le contexte, la liberté d’expression doit s’exercer en toutes circonstances.  Mais, les leaders politiques ont-ils vraiment pris conscience de leur responsabilité dans le drame que vit le Burkina ?

Ont-ils entendu les récriminations du petit peuple quant à leur incurie dans leur engagement politique ? Ont-ils pris de bonnes résolutions pour offrir une alternative politique plus crédible et rassurante ? Autant d’interrogations qui méritent des réponses. Si le Burkina qui avait amorcé une trajectoire pleine d’espoir dans son processus démocratique, a été stoppé par un coup d’Etat en janvier 2022, c’est que quelque part la classe politique a failli.

Opposants tout comme tenants du pouvoir ont quelque chose à voir dans le désastre qui arrive à notre pays. Au nom de la politique politicienne, certains ont toujours mis en avant leurs ambitions personnelles et se sont complu à manger à tous les râteliers. Hier, ils étaient d’un bord, aujourd’hui, ils se réclament d’un autre, le plus souvent au mépris de ceux qui ont la naïveté de les suivre aveuglément. Conséquence, l’engagement politique s’est vidé de toute éthique et de tout scrupule.

Il faut occuper la scène publique pour se faire une place au soleil. Sous nos cieux, c’est le chemin le plus court pour parvenir, en un laps de temps, à ses fins. Pour se faire élire, il suffit de savoir arroser le bétail électoral de quelques billets de 1000 ou 2000 F pour obtenir les voix escomptées. Dans ce jeu de farce, point de place aux vraies préoccupations de la nation.

La réflexion sur le présent et le devenir de la nation est mise sous l’éteignoir. Il suffit juste d’avoir l’habileté de distiller les bonnes intentions dans ses discours pour montrer sa bonne foi cousue de fil blanc. Comme le champ politique est ouvert, tous les aventuriers ont trouvé l’endroit idéal pour assouvir leur soif de pouvoir. Conséquence, ceux qui fanfaronnent le plus sur l’échiquier politique ont pris le dessus sur les quelques idéalistes qui croient dur comme fer que leurs idées allaient triompher du mensonge.

C’était sans compter avec le pouvoir enivrant de l’argent facile qui charrie tous les principes. On ne vient pas en politique pour défendre une cause nationale, mais pour entretenir ses propres intérêts. La politique étant devenue une foire d’exhibitionnisme, elle s’est éloignée de sa vocation à former des citoyens patriotes et fiers d’appartenir à une même nation, riche de sa diversité et conscients des rôles à jouer dans son édification.

Si aujourd’hui, le Burkina est à la croisée des chemins, c’est tout simplement parce que le politique a échoué lamentablement à jouer son rôle de rassembleur, d’éveilleur de consciences. Si nos politiques avaient été conséquents, nous aurions pu nous organiser convenablement face au terrorisme qui grignote petit à petit le territoire et effrite dangereusement le vivre-ensemble.

Les leaders politiques qui ont commencé à animer la vie politique devraient se faire une raison, se poser les vraies questions, afin de redonner à l’engagement politique son vrai sens. C’est en cela qu’ils sauront être les porteurs du rêve de renouveau. Les moments difficiles doivent inspirer de bonnes résolutions. Que cette triste parenthèse puisse inspirer profondément ceux qui aspirent à l’exercice du pouvoir d’Etat.

La Rédaction/OuagaNews

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