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Burkina/Remaniement ministériel : pour qu’il n’y ait plus de boucheries et déplacés internes

Trois jours après son adresse à la nation sur la dégradation de la situation sécuritaire, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a procédé à un remaniement tactique, dans la soirée du mercredi 30 juin 2021. Ainsi, les ministres de la défense, Shériff Sy et de la sécurité, Ousséni Compaoré, ont été éjectés du gouvernement.

Le président du Faso s’est adjugé lui-même le portefeuille de la défense qu’il avait, au préalable, occupé de 2016 à 2019. Pour se faire épauler dans ce secteur, il a fait appel à un militaire, le colonel-major Aimé Barthélemy Simporé, comme ministre délégué auprès du président du Faso chargé de la défense nationale et des anciens combattants.

En prenant lui-même les commandes de la défense nationale, le président du Faso donne le signal qu’il veut avoir une meilleure connaissance des questions sécuritaires pour apporter les réponses adéquates. En se faisant seconder de celui qui était jusque-là, le directeur général du Centre national d’études stratégiques (CNES), Roch Marc Christian Kaboré, a fait le pari de véritablement mettre en place une stratégie efficace pour mieux affronter le péril sécuritaire.

Au Ministère de la sécurité, c’est Maxime Koné, auparavant ministre délégué chargé de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, qui prend désormais, les rênes du département. Spécialiste des questions sécuritaires, auteur de Chronique sécuritaire 2019 au Burkina, l’on espère qu’il saura mettre à profit son expertise pour rassurer les hommes sur le terrain.

L’on peut dire que ce remaniement, sitôt intervenu après la prise de parole du président, est déjà le symbole que les lignes vont certainement bouger. Cet acte méritait d’être posé, d’autant plus que l’espoir des populations est en train de s’amocher face aux attaques terroristes. Il reste à poursuivre dans cet élan qui va permettre une bonne fois pour toutes, de reprendre du poil de la bête face à l’hydre terroriste impitoyable et meurtrière.

En plus de ce remaniement, l’on a bon espoir que d’autres décisions importantes seront prises, pour que l’on sente les résultats sur le terrain. Le président du Faso n’a d’autre choix, s’il veut réussir son second mandat, que de relever impérativement le défi sécuritaire.

Le chantier de la réconciliation nationale qu’il a lancé, n’aboutira que quand des Burkinabè ne vont plus errer sur leur propre pays. Rassurer les populations, leur donner confiance en leur sécurité est l’alternative première qui permettra au chef de l’Etat de mieux réussir son programme quinquennal. C’est pourquoi il faut maintenir cette dynamique de sauver le Burkina des hordes terroristes qui sont décidés à occuper le terrain, à tout prix.

Le remaniement devrait être suivi des autres mesures annoncées par le président du Faso, telles que la « consolidation de  l’efficacité, l’unité et la cohésion du commandement, dans le respect de la discipline militaire, le renforcement de la collaboration entre les populations, les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) pour une meilleure défense populaire de notre pays et le maintien d’un niveau de prise en charge des personnes déplacées internes, pour qu’elles puissent vivre dignement, en attendant leur retour dans leurs zones d’origine ».

Au moment où l’opposition menace de durcir le ton, les premières autorités n’ont d’autre choix que donner le bon exemple, en posant des actes concrets sur le terrain. Les Burkinabè ont assez souffert de cette insécurité qui endeuille et compromet toute initiative de paix et de développement.

La Rédaction/Ouaganews

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