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3e mandat d’Alpha Condé : l’opposant historique trahit son peuple

A l’instar de son homologue et voisin ivoirien, Alassane Ouattara, le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, a décidé de se présenter pour un troisième mandat à la tête de son pays. Après avoir été élu en 2010 et 2015, Alpha Condé a fait feu de tout bois pour tripatouiller la Constitution à sa guise, afin de se présenter pour la 3e fois à la présidentielle guinéenne.

Le Front national de défense de la Constitution (FNDC), collectif de partis, de syndicats et de membres de la société civile, qui avait pressenti les intentions de l’octogénaire, s’était mobilisé contre ce qu’il avait appelé un « coup d’Etat constitutionnel ».  Aux manifestations pacifiques dans les rues, le régime Condé avait répondu par une violence meurtrière.

Enivré par les effluves du pouvoir, l’opposant historique qui devrait incarner le renouveau démocratique en Guinée-Conakry est devenu le fossoyeur de l’Etat de droit. Au prix de nombreuses vies fauchées, il est parvenu à ses fins, en faisant adopter une nouvelle loi fondamentale qui lui permet de jouir à nouveau d’un autre mandat à la tête de la Guinée. Emprisonné en 1998, sous le régime de feu Lansana Conté, Alpha Condé a oublié comment la communauté internationale s’était mobilisée pour sa libération, au nom de la démocratie. Arrivé au pouvoir en 2010, il a vite fait de montrer un autre visage que celui de défenseur des libertés qu’on lui connaissait.

A l’épreuve de l’exercice du pouvoir d’Etat, Alpha Condé a foulé au pied les règles de jeu démocratique pour s’imposer en autocrate, sous les oripeaux d’une démocratie de façade. Aujourd’hui, il se voit comme l’homme providentiel dont la Guinée a impérativement besoin pour sortir de la longue nuit du sous-développement. Pourquoi se priver d’un 3e mandat pour achever l’œuvre de construction entamée ? Oui, obnubilé par les paroles de ses courtisans et thuriféraires, Alpha Condé est convaincu d’être indispensable à son pays. Sans lui, ce serait le chaos, la chienlit.

Il faut donc qu’il soit reconduit à son fauteuil présidentiel pour préserver la Guinée du danger. C’est pourquoi, du haut de ses 82 ans, il se sent investi d’une mission pour porter son vers des lendemains meilleurs. Même si des vies doivent être sacrifiées, ce sera le cas pour que l’homme providentiel puisse injecter sa recette du développement socioéconomique au peuple guinéen.  Toutes cette mascarade est indigne d’une Afrique riche de ses hommes et de son sous-sol. Le drame du continent noir est d’avoir à sa tête des dirigeants d’une autre époque, qui pensent que le peuple est un bétail qu’on peut conduire à souhait.

Avec des dirigeants incapables de respecter leur parole, il va de soi que les fils d’Afrique désenchantent et préfèrent aller mourir dans la Méditerranée. A quand l’Afrique ?

La Rédaction

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