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Libye : Quand Macron reconnaît la responsabilité de la France

Lors d’une audience accordée aux nouveaux dirigeants de la Libye au palais de l’Elysée, le 23 mars dernier, le président français, Emmanuel Macron, a prononcé cette brève phrase, mais pleine de signification et de symbole. « Nous avons une dette envers la Libye, très claire : une décennie de désordre ». En 2011, sous l’instigation de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, une coalition internationale est lancée contre le régime de Mouammar Kadhafi, dans un contexte de printemps arabe.

Une intervention qui allait avoir des conséquences désastreuses sur la stabilité de la Libye et du Sahel. Avec une Libye livrée aux groupes terroristes et trafiquants de tout genre, les pays du Sahel ne connaîtront plus de stabilité, à commencer par le Mali. En effet, la nébuleuse terroriste a saisi cette occasion pour étendre ses tentacules dans le Sahel.

Depuis lors, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, et dans une moindre mesure, la Mauritanie croisent le fer contre les terroristes qui compromettent les initiatives de développement. Malgré la présence de forces étrangères au Sahel, le fléau terroriste continue sa saignée.

Cette phrase du président français qui sonne comme un aveu de reconnaissance mérite une attention particulière. Non seulement, elle met en évidence la responsabilité de Nicolas Sarkozy qui aura été l’artisan de cette coalition contre la Libye, mais aussi de l’insécurité que vivent les pays du Sahel.

Si elle est appréhendée par certains comme une manière pour Emmanuel Macron de se faire une place dans les cœurs des nouveaux dirigeants de la Libye, elle met à nu le jeu orchestré par Nicolas Sarkozy dans ce désordre que connaît le Sahel. Maintenant, faudra-t-il se contenter de prononcer une phrase, juste pour contenter des hôtes de passage ?

Que compte faire Macron, en osant pour la première fois, reconnaître clairement le rôle qu’a joué son pays dans la déstabilisation de la Libye ?  Son propos n’aura sa véritable portée que dans la mesure où il pourra clarifier la présence des troupes françaises au Sahel, depuis belle lurette.

S’il a reconnu que la France a une dette envers la Libye, c’est qu’il devra faire en sorte que les victimes collatérales du chaos libyen que sont les pays du G5-Sahel se débarrassent des terroristes qui les assaillent. Comment s’y prendre ?

C’est de convaincre objectivement,  l’opinion, des vraies raisons de la présence militaire française au Sahel. Ils sont nombreux à penser que d’autres mobiles souterrains expliquent cette présence militaire. Et à se demander comment une armée aussi puissante que celle française ne puisse pas véritablement aider les armées locales à lutter efficacement contre les terroristes.

C’est dire qu’Emmanuel Macron devra s’engager en toute sincérité, au  retour de la stabilité et de la paix au Sahel. C’est dans cet esprit que l’aveu qu’il vient de faire aura sa pleine portée. A défaut, ce sera simplement un coup médiatique qu’il aura recherché.

La Rédaction

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