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Editorial

Présidentielle en Côte d’Ivoire : jeu de mauvais perdants ?

L’opposition ivoirienne est en train de s’adonner à un jeu qui ne fait que la décrédibiliser, aux yeux de l’opinion. Après avoir lancé un appel à la désobéissance civile, sans un mot d’ordre clair à ses militants, il y a quelques jours, maintenant elle appelle au boycott pur et simple de l’élection présidentielle du 31 octobre prochain.

Le jeudi 15 octobre, jour du démarrage de la campagne électorale, Henri Konan Bédié et Pascal Affi Nguessan ont même invité leurs militants à empêcher toute opération de vote. Avec en ligne de mire l’illégalité du 3e mandat de Alassane Ouattara, la composition monocolore de la Commission électorale indépendante et un Conseil constitutionnel acquis au régime.

Le spectacle auquel se livrent les ténors de l’opposition ivoirienne, au démarrage de la campagne électorale est digne d’un scénario de mauvais perdants. Passer le temps à contester l’illégalité du 3e mandat du président sortant n’aboutira à rien. Le dialogue que l’opposition espère que le président Ouattara va engager avec la classe politique, en vue d’un report de la présidentielle, est également caduc.

La seule manière de faire barrage à un 3e mandat d’Alassane Ouattara est de le battre dans les urnes. Pourquoi avoir accepté de déposer leurs candidatures et vouloir se débiner à la dernière minute ?  Si elle n’a pas pu empêcher la validation de la candidature du président sortant, l’opposition devrait s’atteler à ficeler une stratégie efficace pour le battre dans les urnes.

Au contraire, le boycott ne fera que conforter davantage le camp présidentiel quant à sa victoire certaine à l’élection du 31 octobre prochain. Derrière une union de façade, où les égos sont plus forts que tout, l’opposition ivoirienne essaie de masquer ses incohérences face à une situation devant laquelle elle aurait pu tirer un avantage certain.

Les 3e mandats sont un vrai poison contre les acquis démocratiques en Afrique. Mais quelques fois, l’incurie de l’opposition politique les favorise dans certains pays. Tant que certains leaders vont passer le temps à considérer la politique comme un jeu d’égo et de confrontation de personnes, la démocratie africaine ne sera qu’une farce de laquelle les peuples sortiront toujours perdants.

Face au passage en force d’Alassane Ouattara, l’opposition devrait taire ses rivalités stériles pour mieux l’affronter dans les urnes. Au lieu de cela, elle se complaît dans une hypocrisie qu’elle appelle front commun.  La politique, c’est plus que l’exaltation des égos.

C’est un engagement à transformer le quotidien des peuples, les rêves en réalité. C’est une vocation au service d’un peuple, d’une nation et de sa construction. Ramener l’engagement politique à une simple question d’ambition personnelle et d’inimitié, c’est simplement pathétique. Opposants politiques et tenants du pouvoir devraient revoir leur manière de faire la politique en Afrique. C’est  dans cette perspective que l’Afrique saura mieux faire face à ses problèmes pour avancer.

La Rédaction

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