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RDC : Félix Tshisekedi reprend du poil de la bête

Arrivé au pouvoir en 2019 , à la suite d’une élection controversée, le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a eu toutes les peines du monde à asseoir son autorité. En effet, son prédécesseur, Joseph Kabila, qui a travaillé pour sa victoire, a continué à tenir les rênes du pays, tout en étant dans l’ombre. Mais Félix Tshisekedi vient de s’émanciper de la tutelle de celui qui l’a fait roi.

L’Assemblée nationale a voté, à une écrasante majorité, une motion de censure (367 pour sur 377 votants) contre le Premier ministre, Sylvestre Ilunga, proche de l’ex-président Joseph Kabila, le mercredi 27 janvier 2021. Une décision importante qui consacre une victoire politique de l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Le gouvernement majoritairement pro-Kabila et l’Assemblée nationale, composée en grande partie des députés du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, n’ont pas permis au président élu de déployer son programme politique, depuis deux ans qu’il est à la tête du pays. La coalition FCC-CACH (Cap pour le changement), mise en place sur initiative de Joseph Kabila et de Félix Tshisekedi pour diriger ensemble, la RDC, a été l’ombre d’elle-même, au regard des contradictions internes.

Après deux ans de ce que l’on pourrait appeler une quête d’autorité, le président congolais s’en était résolu à rompre cette alliance improductive en octobre 2020, en vue de reconstituer une nouvelle majorité parlementaire, dénommée l’Union sacrée. Désormais, c’est chose faite, le fils de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, dispose de toutes les cartes pour avoir sa majorité parlementaire, afin d’assumer pleinement ses fonctions d’Etat. Affranchi de l’emprise de son prédécesseur Kabila, Félix Tshisekedi saura prendre en main le gouvernail pour mettre en œuvre son programme politique.

Au nom de leur deal qui lui a permis d’être sacré vainqueur de l’élection présidentielle, l’actuel président était dans une sorte d’impasse dans laquelle il était l’otage de Joseph Kabila. Parti sans l’être véritablement, Kabila fils dirigeait par procuration la RDC, grâce à un gouvernement et un parlement qui lui étaient acquis. Cet imbroglio politique dans lequel Félix Tshisekedi apparaissait comme un chef figurant n’allait pas durer toute une éternité.

Ayant pris conscience que son avenir politique est en train d’être compromis à jamais, le chef de l’Etat a vite fait de retrouver des réflexes salvateurs pour retourner la situation en sa faveur. Il a même réussi à ramener des adversaires comme Moïse Katumbi et Jean Pierre Bemba dans son camp.  Il reste maintenant au président Tshisekedi d’honorer ses promesses électorales.

A quelque trois ans de la fin de son mandat, il faudra s’attaquer aux multiples défis qui minent la stabilité et le développement socioéconomique de ce géant aux pieds d’argile qu’est la RDC. Pays regorgeant de ressources minières insoupçonnées et bien d’autres richesses naturelles, la RDC est abonnée depuis belle lurette, à une instabilité qui plombe tous les efforts de développement.

Les massacres dans la région de l’Est du pays se poursuivent, en dépit de la présence des forces onusiennes, depuis plusieurs années. Une bonne partie de l’exploitation des ressources minières échappe au contrôle étatique, puisque accaparée par des groupes armés. Il est temps pour la RDC de clore cette triste et sinistre parenthèse pour redonner espoir au peuple qui n’aspire qu’à vivre dans la quiétude.

Il appartient à la classe politique congolaise de se départir de ses intérêts de clans pour panser les maux qui retardent le décollage du pays. Elle doit éviter d’être le complice de ceux qui ont toujours voulu que la RDC soit un no man’s land, propice aux intérêts des multinationales étrangères. C’est en s’engageant dans cette perspective de ramener le pays sur les rails que la victoire de Félix Tshisekedi sur le camp Kabila aura pleinement son sens. Il a la lourde responsabilité de mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation congolaise, en montrant le chemin à suivre. Un chemin qui passe par une gouvernance vertueuse au service de l’intérêt général. Tout est encore possible, tant qu’il y aura une bonne volonté de bien gérer la chose publique.

Ahmadou Bayala

Ouaganews.net

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