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Décès d’ Idriss Déby Itno : le G5-Sahel perd un allié de taille

La nouvelle a pris de court tout le monde. Le président tchadien, Idriss Déby Itno, est mort, ce mardi 20 avril 2021. Il n’aura pas le temps de faire son sixième mandat à la tête du Tchad. La veille, la commission électorale nationale venait de le déclarer vainqueur de la présidentielle du 11 avril 2021, avec 79,32 % des suffrages exprimés.

« Le président de la république, chef de l’État, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle, en défendant l’intégrité territoriale, sur le champ de bataille. C’est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès, ce mardi 20 avril 2021, du maréchal du Tchad », a indiqué le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l’antenne de la Télévision tchadienne.

Sur la même lancée, le porte-parole de l’armée a précisé qu’ « un conseil militaire a été  mis en place et dirigé par le fils  du président, le général Mahamat Idriss Déby Itno ». Agé de 37, général quatre étoiles et commandant de la garde présidentielle, Mahamat Idriss Déby Itno remplace son défunt père à la tête du pays.

Les choses sont allées très vite, puisque le conseil s’est réuni et a promulgué la charte de la transition qui va durer 18 mois. Les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) qui ont lancé une offensive le 11 avril 2021, jour de la présidentielle, en direction de Ndjamena, la capitale, avaient indiqué, dans un communiqué, qu’ils avaient blessé plusieurs officiers supérieurs de l’armée tchadienne parmi lesquels le président Déby, lors des combats du week-end dernier.

Mais l’information n’avait pas été confirmée par l’armée tchadienne. Cette dernière avait plutôt affirmé avoir tué plus de 300 rebelles et fait 150 prisonniers, jusqu’à ce qu’elle vienne donner la nouvelle de la mort du président. Ainsi après avoir dirigé le Tchad pendant trois décennies, Idriss Déby Itno tire sa référence à 68 ans, au lendemain de sa victoire à la dernière présidentielle où il briguait un sixième mandat de six ans.

Militaire de carrière, il a pris le pouvoir en 1990, par un coup d’État qui renversa Hissein Habré, à l’âge de 37 ans. Pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme, il était considéré comme « le soldat du Sahel » et était un allié incontournable des forces étrangères présentes dans l’espace du G5-Sahel. Finalement, les rebelles auront pris le dessus sur le maréchal-président.

En février 2008, des rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) avaient envahi Ndjamena et failli renverser le régime, n’eût été l’intervention de l’armée française. En février 2019, d’autres rebelles, venus de la Libye voisine, avaient pris la direction de Ndjamena, avant que des bombardements de l’aviation française ne viennent interrompre leur offensive.

C’est en croisant le fer avec les forces du FACT dans le Nord du pays, le week-end dernier, qu’Idriss Déby Itno a été blessé. Finalement, il succombe à ses blessures. En un mot, ce sont les rebellions successives au Tchad qui ont fini par emporter le président Déby.

Avec sa disparition, c’est le G5-Sahel qui perd un allié de taille dans la lutte contre le terrorisme au Sahel (le Tchad y a le plus grand contingent de soldats rompus à la guerre des sables). Les cartes vont donc, être impérativement rebattues pour mieux affronter le péril sécuritaire au Sahel.

La Rédaction

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