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Décès d’Hissène Habré : «Pas d’hommage officiel au Tchad»

L’ancien président tchadien, Hissène Habré, qui purgeait une peine de prison à perpétuité à Dakar au Sénégal, est décédé ce 24 août 2021, à l’âge de 79 ans, de la Covid-19, selon des médias sénégalais.

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat le 7 juin 1982, Hissène Habré va diriger le Tchad d’une main de fer pendant huit ans, avant d’être renversé à son tour en 1990, par Idriss Déby Itno. A sa chute, il se réfugie au Sénégal où il coulait un exil doré, avant que l’étau de la justice ne se resserre sur lui.

Arrêté le 30 juin 2013, son procès va s’ouvrir le 20 juillet 2015 devant un tribunal spécial, les chambres extraordinaires africaines, créé par l’Union africaine à Dakar.  En effet, une commission d’enquête avait établi que durant son règne, 40 mille personnes sont mortes sous la torture des sbires du régime.

A l’issue du procès, il est condamné le 30 mai 2016, à la prison à perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures et viols. Troisième président du Tchad, le parcours d’Hissène Habré est lié à l’histoire politique tumultueuse du pays.

L’homme qui s’en est allé ce jour, est né en 1942 à Faya-Largeau, dans le Nord du Tchad. Nommé sous-préfet sous le régime du président Tombalbaye en 1963, il s’envole la même année pour la France. Il y poursuit des études à l’Institut des hautes études d’Outre-mer.

Durant son séjour français, il affine ses convictions politiques en lisant des auteurs comme Frantz Fanon, Ernesto « Che » Guevara et Raymond Aron. De retour au Tchad en 1972, il monte une rébellion qui va se rendre tristement célèbre avec l’enlèvement de l’ethnologue française Françoise Claustre.

Nommé Premier ministre en 1978, par le président Félix Malloum, l’entente sera de courte durée. En 1979, il devient ministre de la défense de Goukouni Weddeye, alors président du gouvernement d’union nationale créé en 1979. Farouchement opposé au rapprochement entre Goukouni Weddeye et Mouammar Kadhafi de la Libye, la rupture est consommée.

La guerre civile est enclenchée et à partir de l’Est du Tchad, Hissène Habré combat le régime Weddeye. Il s’empare du pouvoir en 1982 avec l’appui de la France et des Etats-Unis.

A l’annonce de sa mort, le gouvernement tchadien a présenté ses condoléances à sa famille, par la voix du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah. « Le gouvernement tchadien n’a pas particulièrement d’obstacles aujourd’hui, contre un ancien président décédé.

Nous exprimons à sa famille toutes nos condoléances. Il restera pour toujours un ancien président du Tchad. Tout Tchadien qui a dirigé le pays, quels que soient ses torts, restera dans la mémoire historique des Tchadiens.

Ce n’est pas aujourd’hui le lieu de polémiquer sur sa gouvernance, sur le procès qu’il a eu. Nous nous exprimons de manière tout à fait officielle, mais de manière réservée, et nous ne voulons pas en rajouter », a-t-il précisé avant d’ajouter sur les ondes de RFI qu’« il n’y aura pas d’hommage officiel (…) mais son corps pourra être rapatrié au Tchad, si sa famille le désire ».

Ahmadou Bayala/Ouaganews

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